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Pérégrinations hebdomadaires

La perspective d’une semaine de 3 jours ouvrés (30-31 Mars et 1er Avril) tend à effacer toute importance aux faits et événements de la semaine qui s’achève. La semaine n’a pas cependant été aussi insignifiante qu’elle n’en a donné l’air en raison d’un déroulement silencieux. Le silence est parfois éloquent. L’absence de révélations de scandale ne suffit pas nécessairement à rendre l’actualité terne. La vie nationale ne se réduit pas non plus à la seule actualité « mondaine » d’Antananarivo, le Sud-est a ravi la vedette à la capitale en cette semaine.

Absence de scandale ? A Farafangana (Sud-est) l’errance du Premier ministre en raison de son isolement pour une cérémonie officielle en constitue peut-être un, en tous cas il s’agit d’un marqueur majeur pour la suite du feuilleton « suspense autour du changement de gouvernement »…

La promesse d’une mort certaine à deux gros suspects de crime atroce, en garde à vue, livrés en pâture par les autorités à une vindicte populaire, aurait fait plus de bruit si cette ignominie s’était produite ailleurs qu’à Nosy-Varika (Sud-est).

Grande gueule à petits bras

Qualifier ainsi une personne eut fait une injure, dresser pareil constat s’agissant de l’Etat c’est faire dans la tristesse. Lorsque l’on croise au quotidien, ministres et autres hauts responsables parader dans les rues à coups de sirène, on est loin d’imaginer l’incapacité voire la lâcheté de l’Etat à assumer ses obligations basiques, parmi lesquelles celle d’assurer la sécurité des personnes. Dans la situation actuelle d’insécurité généralisée, on comprend l’impuissance de l’Etat à répondre à son devoir d’assurer pour tous une bonne sécurité, malgré ou en raison de ce climat il en est certains mieux protégés que d’autres : une égalité mal répartie qui ne constitue pourtant pas une exception parmi d’innombrables iniquités.

Les personnes retenues dans les mains de l’Etat, même contre leur gré, en principe bénéficient d’une garantie contre brutalité et violence : théorie ! Parfois enquête oblige, il faut passer outre, à ce qu’il paraît. Toutefois à propos des recours éventuels à la torture peu d’info fiable transpire au-delà des murs des cellules, même si ces murs, à ce qu’il se raconte, en gardent des traces éloquentes. Simples fables ? Peut-être. L’actualité dont il est question porte sur un problème d’un ton plus grave encore.

Une foule en furie réclame que lui soient livrés deux individus suspectés de crime, retenus en garde à vue dans les locaux de la gendarmerie. La population se fait menaçante, manifeste un manque de confiance à l’endroit des forces de l’ordre et de la justice, suspectant les uns et l’autre d’excès de laxisme, allant jusqu’à faire peser sur eux une présomption de corruption. Face aux exigences de la foule dans cette localité du Sud-est, autorités civiles et militaires (représentants de l’Etat), sans doute après évaluation du niveau du danger, finissent par livrer à la foule, donc à une mort aussi certaine que dans des conditions atroces, les deux suspects. Lâcheté de l’Etat dénoncent certains, démission de l’Etat qualifie peut-être de façon plus appropriée cet acte signifiant un aveu d’impuissance à assumer l‘obligation d’assurer la sécurité des personnes et de garantir le fonctionnement d’un Etat de droit.

La société reposerait-elle sur une branche pourrie ? Le gouvernement se trouve être le bras séculier pour exercer la puissance publique qui franchit ici le seuil de l’impuissance. L’Etat est malade, la déconfiture du gouvernement ne l’aide plus à masquer un état en décomposition.

Isolement du Premier ministre

Sinistre la situation du Premier ministre lors d’une cérémonie d’inauguration d’une stèle à Farafangana (Sud-est). Le Président de la République étant venu officialiser la réconciliation entre des clans ethniques, plusieurs ministres ont fait le déplacement pour faire honneur au Chef de l’Etat, normal même si dans l’opinion on tend à croire que c’est davantage dans un esprit de flagornerie courtisane. Moins normal que présents quelques instants auparavant les mêmes ministres aient déserté, abandonnant le Premier d’entre eux, leur chef hiérarchique direct, seul pour présider une autre cérémonie officielle.

La rupture depuis longtemps consommée a apparu dans sa nudité sur la place publique. Au choc du rocher « exercice du pouvoir » le gouvernement s’est fracassé en deux camps : d’un côté le Premier, de l’autre les autres. Premier d’entre qui, et les autres pourquoi ? Les autres pour essayer de sauver leur place parbleu ; se dessine même au sein du gouvernement le phénomène Brutus, nombreux ne cachent pas une aspiration à devenir khalife à la place de l’actuel. Rien d’impossible en pays d’inconséquences. Le spectacle actuel en fait un tableau vivant.

Difficile de cacher la mésentente entre les deux premiers de l’Exécutif, on a banni de toute communication l’allusion à toute communion d’idée. En seul partage l’envie de divorcer. Une rencontre de volonté sans la bonne volonté d’y procéder à l’amiable. Jouer la montre joue au détriment de la « bonne » marche du fonctionnement de l’Etat et des affaires publiques.

Ici, comme lors d’un dialogue ponctué de silence, où perd celui qui parle en premier, l’erreur de prendre en premier l’initiative d’une procédure de rupture constitue la faute fatale. Chacun essaie de pousser l’adversaire à commettre cette faute. Adversaires ? Certes, mais officiellement et hypocritement des proches collaborant en bonne intelligence.

Constat : l’appareil d’Etat en croisière est en panne en haute mer. On voit mal les Pâques, la commémoration du 29 Mars, l’oubli du 1er Avril 1971, réussir à produire un effet placebo sur cette plaie vive, qui plus on tarde à la guérir plus elle menace d’envenimer.

Hypothèque sur la tenue du Sommet de l’OIF

Au-delà des paroles d’encouragement et d’une détermination subjective à verser dans l’optimisme, de la Secrétaire Générale de l’OIF, le Sommet de la Francophonie programmé se tenir en Novembre à Antananarivo pourrait une fois encore fondre dans la galerie des chimères.

Dans les couloirs de l’Etat, déjà trépignent d’impatience espérant un pourrissement de la situation pour ramasser le pouvoir, des forces opportunistes. Certaines sans vergogne poussent loin la chansonnette jusqu’à vouloir pousser le « roi » à faire seppuku par le dépôt d’une démission de ses fonctions. A chacun sa chimère.

Léo Raz

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