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Madagascar il y a 100 ans : les embusqués (1)

La loi Dalbiez, ce filet à mailles fines et serrées fabriqué par ce jeune député pour pêcher les embusqués, est appliquée chez nos voisins de la Réunion et on procède actuellement à, la chasse aux fils à papa qui par des moyens plus ou moins avouables se sont honteusement soustraits à leurs obligations militaires.

Dans cette colonie le nombre de ces braves atteindrait dit-on vingt mille et cela sur une population globale de cent soixante-dix mille habitants. C’est un chiffre énorme, mais toutes proportions gardées le nombre des embusqués, à Madagascar, n’est-il pas plus élevé ?

C’est ce que nous ignorons.

Toutefois, pour quelqu’un qui a connu Madagascar avant la guerre et qui visite aujourd’hui cette colonie, il doit vraiment se demander si la Mère Patrie est en guerre et si elle a fait appel à ses enfants pour la défendre.

Parcourez les villes de la côte et de l’intérieur et dites-nous franchement si la guerre a eu une répercussion quelconque à Madagascar à part une hausse exagérée des produits importés qui permettent à certains mercantis de faire fortune.

Pour beaucoup, cette guerre devrait s’éterniser pour leur permettre de continuer leur petit commerce si fructueux. Ils sont à l’abri des balles et gagnent de l’argent, que leur faut-il de plus !

De toutes part on se plaint, et avec raisons, de voir encore à Madagascar après dix-huit mois de guerre un grand nombre d’hommes jeunes et vigoureux qui pour un motif ou un autre ont été dispensés de l’impôt du sang. Il est à remarquer que la plupart de ces favorisés sont de grosses têtes qui ont su faire marcher le piston, les ficelles, etc. pour ne pas partir alors que petits colons, employés, artisans sont sur le front à faire leur devoir. Ils sont pourtant tout aussi intéressants que les autres.

Combien de civils obtiennent des sursis sans cesse renouvelés, et pour des raisons futiles qui, ailleurs qu’ici, leur vaudraient le conseil de guerre.

Et, parmi les fonctionnaires, nombreux sont ceux jeunes et vigoureux qui seraient plus utiles sur le champ de bataille qu’assis derrière un bureau à gratter du papier ou à distribuer des figurines ; fonctions d’automates qu’un boiteux ou un borgne peut remplir sans que la vie économique du pays en souffre.

(À suivre.)

La Dépêche malgache

www.bibliothequemalgache.com

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