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Démocratie virtuelle

Démocratie virtuelle

La mesure prise par le maire de la commune urbaine de Mahajanga d’interdire toutes formes d’incitation à la consommation d’alcool dans sa juridiction fait le buzz sur les réseaux sociaux. Les réactions fusent de partout, concernant notamment le sort de THB Tour dans la cité des Fleurs. Des « pour » et des « contre » l’interdiction de l’événement. Chacun dit ce qu’il en pense, un peu trop ou un peu moins parfois. Mais l’essentiel est que cela démontre que la liberté d’expression et la démocratie comme on veut bien l’entendre y sont garanties.

Ces possibilités de réagir à chaud, ces communications directes, souvent plus efficaces, rendues particulièrement faciles grâce à l’évolution de la technologie, constituent un avantage considérable, pour les pays qui s’ouvrent à la mondialisation, aux nouvelles technologies. Cette liberté de s’exprimer représente, entre autres, un avantage pour les Malgaches qui, contrairement à certains pays asiatiques ou arabes, ont encore accès à la communication, aux réseaux sociaux.

Cette liberté d’expression est également effective dans le domaine du journalisme, grâce notamment à la multiplicité des titres de la presse écrite et à l’arrivée dans le paysage audiovisuel de quelques chaînes de télévision privées et stations radiophoniques. Cela bien que la suspension de la délivrance de nouvelles licences d’exploitation soit encore en vigueur en vue de contrôler les médias. Dans les détails, certes, la situation est un peu différente, d’un organe à l’autre, d’une chaîne à l’autre. Mais l’on dira, dans l’ensemble que les journalistes sont libres de s’exprimer…

Malgré tout, la liberté d’expression et la démocratie restent encore virtuelles et incomplètes à Madagascar. Parce que la véritable liberté, permettant de s’adresser au grand public, donc en live, sans aucune contrainte, mais qui demande de la responsabilité, beaucoup de responsabilité, n’est pas réelle. L’impossibilité, voire la velléité d’interdire l’ouverture de la place de la démocratie à la population, entre autres, est un gros handicap à l’effectivité de cette liberté de s’exprimer. Le citoyen lambda que l’on ne doit jamais considérer dans son affinité politique, mais dans ses droits fondamentaux mérite bien d’externaliser ce qu’il ressent vraiment dans son for intérieur. Mais l’Etat, les dirigeants restent toujours méfiants et évitent par tous les moyens de lui accorder cette possibilité.

Le débordement est en effet à craindre, et c’est l’unique et seul motif que l’on peut avancer en interdisant telle ou telle manifestation à caractère dénégatoire, notamment vis-à-vis du régime. Même sur les réseaux sociaux, les dérives sont nombreuses. La diabolisation d’une personne, l’atteinte à sa vie privée, pour des divergences d’idées sont innombrables et difficiles à gérer. Le pire peut se produire lors des manifestations dans des lieux publics. Et tout cela relève de l’éducation, de la culture… pour enfin dire que la véritable liberté d’expression et la démocratie effective ne sont pas encore près d’être adoptées par les Malgaches. Il reste encore du chemin à faire et des étapes à franchir.

Haja R.

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