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L’inoxydable

L’inoxydable

Vingt-six ans. C’est la durée du règne de l’ancien président de la République, et fondateur de l’Arema, Didier Ratsiraka, au sommet de l’Etat. A la veille de la célébration du cinquante-sixième anniversaire de l’Indépendance dont près de la moitié a été bien servie par l’Amiral rouge, ce dernier se permet de lancer un pied de nez aux Malgaches en soutenant que l’union des héritiers de la seconde République pourra développer ce pays ou encore qu’il s’est bien occupé du social de la population du temps où il était au pouvoir.

Ces temps-ci, il s’est en effet habitué à ce genre de déclaration manifestant une réelle ostentation de mépris à l’égard de ses compatriotes. De « je ne regrette rien » à « je n’ai rien fait » en passant par « nous n’étions pas responsables de ceci ou de cela », les déclarations de l’amiral n’ont au final d’autre raison que de se disculper.

Dire que la seconde République n’a rien fait pour le pays pourrait néanmoins s’avérer injustifiable. Les zélés et les nostalgies de l’époque Arema argueront sûrement, entre autres, de la mise en place des provinces autonomes, dépourvues des moyens pour être vraiment autonomes, de l’acquisition de matériels militaires pour l’armée, de la création de la Bibliothèque nationale ou encore de la Banque centrale. Mais il faut cependant se rendre a l’évidence, au-delà de la capacité reconnue de cette personnalité, il faut aussi se rappeler que la seconde République a inauguré la politisation à outrance de l’administration, tous les secteurs publics du pays avaient des affiliations à l’Arema, que ce soit la santé, l’éducation ou encore l’armée.

Cette dernière a même pris goût au pouvoir politique à l’époque de la seconde république en abandonnant les casernes pour faire des entrées fracassantes dans le domaine de l’administration publique. A commencer par le poste de Premier ministre. L’ancien chef de l’Etat a beau dire que son régime n’a pas connu de phénomène « dahalo », en tout cas pas de la même ampleur qu’aujourd’hui, il n’en demeure pas moins que ce fait de société ne date ni d’hier ni d’aujourd’hui mais remonte à plus loin encore. Au temps fort de Ratsiraka, l’internet n’existait pas. Il ne s’agit nullement d’anachronisme mais on aurait bien aimé que l’évolution d’internet d’aujourd’hui puisse servir à examiner avec précaution sa présidence.

Sans oublier que si le terme « quat’mis » a pris naissance sous son règne, c’est que sur le plan social, la seconde République est entachée de points noirs. Ecrit noir sur blanc dans le Livre Rouge : « La justice doit être un instrument de défense de la révolution et non un outil au service des privilégies ». Cependant d’aucuns savent que c’était loin d’être le cas. La liste des privilégiés dont la plupart trônent au plus haut sommet de l’Etat s’ouvre sous l’ère Ratsiraka. Certes, la seconde République se disait socialiste mais elle n’avait en fait de socialiste que le nom car le social n’était pas le fort de ses caciques. A ce titre, les plus âgés se rappellent sûrement de la galère de la population pour s’approvisionner en produits de première nécessité, à son époque. Que de la galère.

Haja Ramasindray

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