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Chronique : lettre ouverte à Monsieur le Président de la République

Monsieur le Président,

Femme malgache, je fais partie de la catégorie de population à qui un décret a octroyé une journée de congé payé ce mardi 8 mars. Je fais aussi partie de la catégorie de femmes qui ne se sentent pas honorées par ce privilège. Je fais partie de la catégorie de femmes qui, le 8 mars, et surtout le 8 mars, préfèrent contribuer par leur travail au développement de ce pays, consacrer cette journée à un bilan de l’avancée de nos droits et associer aux débats l’autre moitié de l’humanité.

Femme malgache, je ne peux transmettre ma nationalité de naissance à mon enfant que sous certaines conditions : il me faut soit lui trouver un père de nationalité malgache soit, si le père de mon enfant est étranger, renoncer à un engagement devant monsieur ou madame le Maire.

Femme malgache, je peux, sous certaines conditions, espérer que mon enfant né d’un père étranger, devienne malgache, comme moi.  Il aura peu de chances d’y parvenir s’il présente une infirmité, un vice de constitution, s’il est atteint de tuberculose, s’il souffre d’une maladie vénérienne ou d’une affection mentale.

Moi, femme malgache, suis la mère d’un enfant qui souffre d’un trouble du spectre autistique. Il est né malgache parce que j’ai pris le soin de répondre aux conditions qui font de lui mon égal suivant le code de la nationalité. Né de père étranger, il aurait simplement été un autiste dont la mère est malgache.

Moi, citoyenne, femme et mère malgache, émets aujourd’hui plusieurs souhaits, Monsieur le Président.

Je souhaite que le 8 mars 2017 nous puissions faire un bilan très positif de l’avancée des droits des femmes dans notre pays.

Je souhaite que le 8 mars 2017, nous femmes malgaches, puissions nous sentir les égales des hommes, et pas uniquement quand nous payons nos impôts.

Je souhaite que le 8 mars 2017, toutes les mères malgaches puissent transmettre la nationalité que leur père leur a donnée en héritage.

Je souhaite que le 8 mars 2017, tous les enfants dont la mère est malgache puissent être malgaches, même s’ils présentent une infirmité, un vice de constitution, s’ils sont atteints de tuberculose, s’ils souffrent d’une maladie vénérienne ou d’une affection mentale.

Je souhaite que le 8 mars 2017, nous soyons fiers d’appartenir à une nation progressiste dans laquelle l’égalité de l’homme et de la femme n’est plus un vœu pieux, un slogan vide de sens mais une réalité.

Je souhaite que le 8 mars 2017, vos soyez fier d’être le Président d’une nation progressiste qui accorde les mêmes droits aux hommes et aux femmes.

Je souhaite que le 8 mars 2017, monsieur le Président, vous soyez fier de dire à votre fille que devant la loi, elle est désormais l’égale de ses frères.

Respectueusement,

Kemba Ranavela

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