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Opposition : les partis politiques tergiversent

Opposition : les partis politiques tergiversent

Trois ans après le retour à l’ordre constitutionnel, aucune opposition officielle n’a encore vu le jour. Les partis se comportant en opposants hésitent à franchir le pas et les sièges réservés à l’opposition dans les deux chambres parlementaires restent jusqu’à présent vacants.

Face à cette situation, un débat d’idées a été organisé, hier au Carlton Anosy, sur le thème «L’opposition à Madagascar». Cette rencontre, initiée par la fondation Friedrich Ebert (Fes) a réuni quatre partis politiques, à savoir le Tim, le Mapar, le MMM et le HVM. A entendre chacun des interlocuteurs, l’opposition ne sera pas constituée de sitôt. Les partis n’adhérant pas au régime ont du mal à se positionner, soulevant en guise d’argument le décret entérinant le statut de l’opposition qui n’est toujours pas promulgué. Le représentant du HVM, le sénateur Andriambololona Mananjara a d’ailleurs indiqué que l’opposition était nécessaire dans une démocratie, et c’est la Constitution elle-même qui l’exige. Cependant, les faits sont là et aucune opposition ne veut se présenter officiellement. Normalement, «le chef de l’opposition devrait pourtant rencontrer le Premier ministre tous les premiers vendredis des mois de janvier et  juillet», a-t-il indiqué.

Les partis politiques, encore hésitants à franchir le pas, semblent faire fi de ce texte et chacun y trouve une justification. «Nous voulons évidemment nous présenter en tant qu’opposants mais le problème est que l’Etat n’a pas encore présenté un programme déterminé», a indiqué Laurent Ramarosaona du MMM. «On ne peut pas se positionner en opposant face à un programme qui n’existe pas», a-t-il poursuivi, d’autant plus que le MMM a déjà un projet de société bien établi.

Tim et Mapar se font désirer

De leur côté, le Mapar et le Tim préfèrent entretenir le suspens. «Nous avons présenté des candidats à toutes les élections, et personne ne peut le nier, nous formons la majorité parlementaire», a expliqué le représentant du Mapar, Herman Razafimahefa. «Je ne vois donc pas pourquoi on nous pousse vers l’opposition alors que nous devrions au contraire former le gouvernement», a-t-il souligné. «On ne s’étonne pas que le pays aille dans ce sens», a-t-il conclu. A l’entendre, le Mapar ne sera jamais opposant.

Pour sa part, le Tim joue la carte de la prudence. «Il est vrai que depuis ces sept dernières années, le pays a rencontré de sérieux problèmes mais il faut penser à ce qui a été effectué depuis», a indiqué le député Félix Randriamandimbison. D’après lui, le fait que les députés aient pu adopter 102 lois est déjà une bonne chose. Dans tous les cas, le Tim ne veut pas précipiter les choses. «Si nous constatons que les affaires de l’Etat avancent, nous le soutenons mais dans le cas contraire, nous ne pouvons pas nous taire», a précisé Me Hanitra Razafimanantsoa.

L’opposition extrapralementaire boycotte

Si chacun a émis son avis, les opposants extraparlementaires ont boycotté la rencontre. Cela à l’instar de Lalatiana Ravololomanana et du parti humaniste et écologiste de Toavina Ralambomahay. Ces derniers estiment en effet que la conférence «donne la parole exclusivement à des entités que le régime pousse désespérément depuis deux ans vers l’opposition».

«En toute humilité, nous estimons avoir une vision à partager avec l’assistance mais en tant qu’auditeur la minute et demie qui nous est impartie ne suffira point. Nous rappelons que nous avons respecté la légalité qui veut que ceux qui demandent à être de l’opposition le fassent auprès du ministère de l’Intérieur ; que nous avons respecté la démocratie en affrontant les urnes ; que nous avons aujourd’hui 17 élus, soit deux maires et quinze conseillers municipaux dont une dans la capitale», conclut le communiqué des membres de l’opposition extraparlementaire.

Tahina Navalona

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