Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
Préc Suiv

Chronique des pérégrinations hebdomadaires : entre intox et approximations

Destitution du Bureau permanent du Sénat, changement de gouvernement ou tout au moins remaniement ministériel… Tout le monde prétend pouvoir émettre des conjectures en raison d’un climat de déstabilisation tous azimuts, personne ne partage le secret de celui qui tient les manettes pour faire la pluie et le beau temps. Une permanence du temps morose pourtant risque de déclencher des orages dont on ne saurait prévoir de sitôt la gravité et donc dont personne ne saurait espérer avoir la maîtrise.

Le gouvernement en première ligne

Ne serait-ce que la nomination d’intérimaires en remplacement des deux ministres désignés sénateurs par le Président de la République annonce que l’on procèdera à au moins quelques retouches de la formation gouvernementale, circonstance à l’origine de moult hypothèses et de grandes angoisses : lors de ces retouches lesquels vont être mis en touche. Les rumeurs disent une chose et son contraire concernant le sort du Premier ministre, des gens informés avant la prise de décision sont même allés jusqu’à dresser des listes de nominés. Evidemment les réactions n’ont pas tardé pour déclarer que ces listes ont été inspirées par les intéressés eux-mêmes, une manœuvre personnelle de lobbying. Manœuvre cependant délicate risquant de produire un effet boomerang. En raison du temps qui s’écoule le public tend à conclure un peu vite sur un bras de fer en haut lieu. Le remerciement n’est pas chose facile quand l’un s’accroche. La communication prétend le contraire, mais une communication aussi insistante n’a parfois d’objectif qu’à tempérer les effets de la réalité. Le choc des egos s’est sans doute produit, le dénouement traîne dans l’attente du résultat des rapports de force. Une cata que n’a su imaginer la Constitution, le climat délétère en découle partiellement peut-être puisqu’on saurait en éliminer des causes les entreprises d’intrigues assassines et les petites manœuvres d’infidélité, des pratiques banales dans la classe politique d’hier et d’aujourd’hui.

Fin des élections, continuité des chances

L’éventualité d’un grand chambardement tient en haleine ceux qui ne désespèrent pas d’apporter leur contribution à la gestion du pays, les affamés de pouvoir et autres rêveurs d’un poste de rente. Un jeu de quilles autant qu’une partie de colin-maillard. Ça n’amuse plus personne mais au moins ça donne du grain à moudre aux observateurs et chroniqueurs en panne de sujet d’actualité excitant. A chacun sa vérité !  Seulement pour certaines organisations politiques il ne s’agit pas d’un jeu, l’opportunité pourrait se réaliser comme une aubaine, unique chance de survie. Les dirigeants de ces groupuscules dans leur opération courtisane auprès du Chef de l’Etat n’hésitent évidemment pas à se rouler par terre, mais oh tristesse, ne parviennent même pas à imaginer des formes nouvelles pour exprimer les platitudes. Ce ne sont pas les perles qui manquent dans un concours de médiocrité. Il en est un qui tient sûrement le pompon : « félicitation pour votre sagesse et merci Monsieur le Président d’avoir nommé Monsieur Honoré Rakotomanana à la tête du Sénat » (pas estampillé

« Sic » mais garanti fidèle à l’esprit du message).

Déplorable état des lieux

Pareillement à la question de l’œuf et de la poule, il serait hardi de vouloir trancher sur l’origine d’une décadence sociale dont nombreux partagent le sentiment, est-ce le climat délétère que génère le comportement des acteurs politiques, ou serait-ce tout bonnement l’inefficacité de l’action politique à produire les résultats annoncés ? Les deux mon colon, serait-on tenté de répondre. Voudrait-on faire bref que l’on serait tenté de citer les secteurs qui fonctionnent que d’énumérer la liste des filières en panne. Là où ça tourne rond c’est facile de le résumer en deux le secteur informel et le non moins informel secteur du « bizzn » que l’on oppose au monde des affaires. Dans ce milieu des affaires légales ce n’est pas la joie, les plus pessimistes parlent d’un marasme annoncé. A l’opposé, si toutefois on s’aventure à opposer à ce monde le milieu rural, dans les campagnes on se prépare aussi à affronter une crise, les prix des produits agricoles ne suivent pas la flambée du coût de la vie. De l’avis du Premier ministre, il n’y a pas à s’en formaliser outre mesure dans un système libéral les prix se régulariseront d’eux-mêmes. Les groupements d’entrepreneurs ne partagent pas cette vision, ils reprochent notamment la décision unilatérale adoptée par les pouvoirs publics de charger les importations comme les exportations par des taxes supplémentaires qui pénalisent les exportations sur le marché international, et qui poussent à la roue l’inflation sur le marché interne. En théorie seul l’Etat trouve son compte, seulement lorsque l’Etat agit de façon exagérément égoïste, il ne peut s’agir que d’une politique à courte vue. Même ceux qui ne croient pas au bienfait par la seule croissance, savent envisager à l’avance les méfaits d’une décroissance prévisible.

Léo Raz

Les commentaires sont fermées.