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Chronique : une guerre qui ne dit pas son nom

Là où ne règne pas la paix, là où la population vit dans la terreur, là où l’on compte des morts, le plus souvent parmi les ennemis, quelques fois dans les rangs des « forces de pacification », c’est que s’y trouve une situation de guerre. Il en va ainsi dans les régions où depuis quelques années les dahalo font régner la terreur. On ne sait pour quelles raisons les gouvernants successifs rechignent à déclarer la guerre et à mener une vraie offensive. Les opérations se suivent et se ressemblent produisant des résultats identiques sans pour autant remettre en question cette formule qui ne gagne pas.

Les forces de pacification à peine annoncent comme une gloire une victoire lors d’une bataille en exhibant le nombre de scalps, que les dahalo apportent une réponse sous forme de menace de revanche. Lasses de ces comptabilités sinistres, les populations éloignées des théâtres des massacres en sont peu à peu vaccinées et tendent à banaliser le calvaire que vivent les compatriotes dans l’enfer de cette guerre dont on ne veut dire le nom.

Plus que jamais pourtant certaines de ces populations ont besoin d’une forte solidarité. Aux restrictions dues aux difficultés d’approvisionnement et à la baisse du pouvoir d’achat en raison de l’état d’insécurité, voilà qu’elles se rappellent au bon souvenir de toutes les rigueurs du kéré aggravées par un durcissement du climat déjà sévère de sécheresse auparavant.

Il y a péril en la demeure. C’est vrai que la solidarité nationale n’a réussi qu’à très peu soulager des maltraitances de la famine les populations dans le dénuement, mais le moins que l’on puisse faire c’est d’en informer le peuple et de le sensibiliser concernant la détresse dans le Sud. Cela ne vaut-il pas l’obligation de lancer une mobilisation générale.

Commenter la composition du Sénat, débattre de l’éventualité d’un remaniement ou d’un changement de gouvernement, constituent certes des sujets majeurs, mais que ne semblent-ils aussi oiseux les uns que les autres lorsque l’on sait que des compatriotes meurent la bouche ouverte parce que les dahalo font la loi et que l’on se refuse à envisager le problème de façon réaliste.

Léo Raz

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