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Au courrier  Lettre ouverte à M. Jean-Max R

Monsieur,

La source du mal dont souffre notre cher pays est la perpétuation paradoxale de l’ancien système d’avant la colonisation, malgré l’ère républicaine dans laquelle on nous a plongée. Cela se traduit par le comportement des personnes investies de pouvoir temporel en des individus au-dessus des règles qui devraient régir tous les membres de la société. Dans l’ancien temps on les appelait des « tsy maty manota » ou encore des « tompo tsy refesi-mandidy ».

Développement, démocratie, droits de l’homme, justice sociale, bonne gouvernance, lutte contre la corruption, bref, les thématiques sonnantes qu’on prône à satiété ici et là, resteront vaines sans d’abord l’effectivité de la république. La république s’érige sur des piliers qui garantissent à ses membres l’égalité. L’un de ces piliers est les lois écrites. Les lois écrites pour que tout mysticisme soit banni du fonctionnement de l’Etat : pour que l’exercice du pouvoir ne se justifie pas par des formules « foin’Andriamanitra ho ahy ny tany sy ny fanjakana » ou encore que le pouvoir ne se transmette pas de père en fils et de tout ce qui est népotisme. L’autre pilier est l’Ecole afin que la compétence soit le critère fondamental de l’ascension sociale.

Madagascar n’a pas fait la transition de la monarchie vers la république. Le pays se trouve dans un  paradoxe de république fonctionnant comme au temps de la royauté. Les Malgaches sont restés des sujets dans l’âme et les gouvernants des « tsy maty manota ». D’où l’embourbement des quatre républiques successives… Les partis politiques sont des entités qui ont le pouvoir de conduire Madagascar vers l’effectivité de la république. Ils sont la pièce principale d’un rouage, la roue première qui assure le fonctionnement convenable du reste du mécanisme… Dans une république, les partis politiques devraient être les organes qui animent la vie publique. Une partie de la réponse à l’échec de la Grande île à tirer avantage de l’ère du libéralisme vient justement du dysfonctionnement des partis politiques… Il est un fait qu’avant d’être un parti libéral et démocratique, le LEADER Fanilo, votre parti, est avant tout un parti républicain. Comme mentionné précédemment, un parti républicain est respectueux de ses textes (ses lois écrites). Faute de cela les dirigeants sont libres d’agir selon leur bon vouloir comme des « tsy maty manota », des « tompo tsy refesi-mandidy ». L’adoubement par un scrutin ne signifie aucunement pouvoir prendre les décisions à sa guise, selon ses humeurs. Les textes, les textes et les textes !

La démarche du Conseil d’orientation (CO) à l’encontre de l’ancien Bureau national de coordination (BNC) dont vous aviez été le président est un acte mû par des valeurs républicaines (notons que c’est une première dans l’histoire des partis politiques malgaches). Répliquer en mettant en avant la démocratie, parce que vous avez été élu à un scrutin (le Conseil national), n’engage que ceux qui veulent le croire… La démocratie ne s’interprète pas de travers. A moins de vouloir en faire une litanie morbide.

Veuillez recevoir mes respects les plus distingués.

Hasina Raveloson

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