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Chronique : des jeux et de la presse

Le public s’attend à un cirque alors que quelques pisse-vinaigre oiseaux de mauvais augure annoncent un jeu de massacre. La naissance de nouveaux organes de presse constitue toujours un événement heureux, favorable à muscler la diversité des opinions, progrès dans le sens du renforcement de la démocratie. Outre les premières éditions des nouvelles parutions, il semblerait qu’en réserve il en est d’autres en gestation. Bienvenue à tous ! Entrez dans la ronde ! C’est vrai que ça va se bousculer, l’espace est limité, saturé même prétendent certains qui n’apprécient pas perdre de leurs aises. Chochotte ! Ne vois-tu pas que l’on va s’amuser ?

Sûr qu’il faudra jouer des coudes, et c’est tant mieux pour le lecteur, jouer des coudes consiste en l’occurrence à élever le débat ou se dépenser à renouveler les formes dans l’art des invectives. Dans l’une comme dans l’autre de ces approches ça promet du spectacle et peut-être même des scènes grandguignolesques de dérapage incontrôlé. Des glissades il y en aura à n’en pas douter, d’autant que tel que ça se dessine, outre la vocation première qui est d’informer voire les missions adjointes de présenter des opinions, certaines puissances politico-financières pensent orienter le métier de journaliste à l’exercice d’une fonction de guerrier dont ces puissances rivales espèrent chacune de son côté tirer les ficelles. Les lecteurs n’accepteront pas nécessairement d’avaler tout le temps la même soupe et chacun risque de prêcher dans le désert ou au mieux de prêcher uniquement à des convaincus.

L’avenir appartiendrait-il davantage à l’organe qui reviendrait au rôle fondamental du journalisme, informer. Informer n’est déjà ni facile, ni commode, quand en général tout le monde se bouscule à parler, et que le sport favori consiste à mentir. Ça serait leur faire injure de croire que les journalistes sont dupes. Sans se trouver dans l’obligation de contredire leur interlocuteur, nombreux possèdent l’art de rapporter mensonges et menteries sans en assurer une crédibilité pour que plane plus qu’un doute. S’ils ne le font pas c’est qu’il y a matière à cette raison… Plus qu’ailleurs en pays de pauvreté où l’on étale le luxe sans pudeur, le salariat a comme première fonction d’être alimentaire, souvent pour vivoter et survivre. Qu’il est lourd à porter le fardeau des tentations.

Léo Raz

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