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Chronique des pérégrinations hebdomadaire : confidentialité insensée

200, 250, 300 ou encore plus, officiellement le nombre des CV déposés par les candidats à la nomination au poste de sénateur reste inconnu pour ne pas dire tenu en secret. 21 postes à pourvoir pour 300 dossiers reçus, c’est carrément une pléthore de postulants. Si ce chiffre s’avère exact, autant dire que le président aura vraiment l’embarras du choix.

Seuls quelques-uns, afin de se faire connaître à travers les médias annoncent publiquement leur candidature. Quant aux autres qui veulent peut-être garder l’anonymat, c’est le flou total pour le moment. Leur nombre reste officieux.  Cela s’apparente presque à un renseignement confidentiel qui bafoue dans ce sens la transparence électorale d’un côté et le droit à l’information de l’autre.

Mais pourquoi une telle rétention d’information ? Est-ce vraiment compliqué et interdit d’annoncer que jusqu’à l’heure, la présidence a reçu 400 CV de candidature ? En évoquant le sujet lors de son journal de 13h, hier, une station privée de la capitale a rapporté que selon les échos reçus d’en haut, la présidence ne peut pas communiquer une telle information pour le moment sans préciser également qu’elle allait le faire prochainement. Certes, comme il s’agit de nomination, les procédures ne ressemblent pas à celles du scrutin des urnes où le secret de vote est sacré, quand bien même le fait de divulguer publiquement certains détails est un signe manifeste de démocratie, dissipant sous cet angle toute forme de suspicion.

Mais la réalité est toute autre et semble être en contraste avec le vote du 29 décembre. En fait, l’utilisation d’urne unique dans chaque circonscription a été contestée par l’opposition, ainsi que les organisations de la société civile. Cela ne reflète pas, selon ces dernières le secret et la liberté de vote car on sait pour quel candidat ont voté les grands électeurs. C’était une autre forme de pression de vote sans oublier les menaces et les chantages, d’ailleurs les déballages et les tirs à boulets rouges contre le parti du régime et la Ceni continuent encore à faire couler beaucoup d’encre. A titre d’information, la Haute cour constitutionnelle a déjà reçu une vingtaine de requêtes dont la majorité d’entre elles demandent l’annulation de votes dans certaines circonscriptions, et de résultats officieux.

Dans le deuxième acte des sénatoriales, le président de la République entre en scène. Contrairement au scrutin démocratique à urne unique et transparente, l’acte de nomination des sénateurs se déroule au Palais. Peut-être que chacun a sa manière d’interpréter le sens du terme, confidentiel ou secret qui est d’ailleurs inapproprié dans ce contexte car déjà le choix appartient au Chef de l’Etat et encore les noms, identités…des 21 « heureux élus » feront l’objet d’une annonce solennelle le moment venu. Sauf si la majorité des 21 sénateurs ne figurent pas parmi les 300 qui ont respecté les procédures édictées par la loi. Et que cela devra rester ni vu ni connu. C’est ridicule vu que les promus ont encore le temps de déposer leur dossier auprès de la présidence, l’un des critères requis pour postuler.

Mais les dires d’un homme fort du parti du régime a étonné plus d’un, comme quoi il ne trouve plus l’utilité de déposer son dossier de candidature vu que cela fait déjà 8 ans que son CV est entre les mains du président de la République. Pourtant, il s’agit des sénatoriales, élections régies par des textes et des décrets que tout le monde est censé respecter. Comme si on n’a pas besoin de déposer des dossiers à jour pour être…

J.R.

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