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Menace de sanctions : l’Union européenne donne un délai de deux semaines
Écrit par Les nouvelles   
Mercredi, 07 Août 2013 07:41

L’Union européenne en remet une couche. Elle adopte la position du Groupe international de contact pour Madagascar (Gic-M) dans le processus de sortie de crise. Dans sa déclaration, le porte-parole du numéro un de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, n’a pas été tendre envers les auteurs du blocage des scrutins, hier. Il est clair que la communauté internationale reste aux aguets au sujet de l’évolution de la situation politique.

Un des partenaires internationaux du pays élève la voix. Il s’agit de l’Union européenne, l’un des principaux bailleurs de fonds du pays, notamment en matière électorale. Dans un communiqué, elle exhorte les acteurs politiques «à mettre en œuvre dans les deux prochaines semaines, la totalité du plan en sept points afin de permettre la tenue de la présidentielle et des législatives cette année».

Le communiqué relaie une déclaration faite par le porte-parole du numéro un de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, concernant la situation politique à Madagascar. Une initiative qui intervient après le passage des médiateurs issus du Gic-M, Joaquim Chissano et Ramtane Lamamra. Ces derniers ont fait un constat de la mise en œuvre des sept recommandations à l’endroit des principaux acteurs du blocage du processus électoral.

 

Application intégrale de l’aide-mémoire

Pour l’Union européenne, l’avenir des scrutins censés sortir le pays de la crise réside dans l’application intégrale de ce document. «Si tel était le cas, l'Union européenne relancerait ses actions de soutien au processus électoral et apporterait son plein soutien à la Cenit dans l'organisation et le déroulement effectifs des élections avant la fin du mois de novembre», rappelle le communiqué d’hier. Et d’enchaîner : «Dans le cas contraire, l'Union serait déterminée à adopter, en concertation avec d'autres partenaires internationaux et en ligne avec les recommandations du Gic-M, des mesures restrictives exclusivement ciblées sur les personnes faisant obstacle au processus électoral et à la mise en œuvre de la feuille de route».

Bien qu’elle ne soit pas explicite, la menace de sanction vise en tout cas les trois candidats illégaux validés par la Cour électorale spéciale (CES) le 3 mai dernier (Andry Rajoelina, Lalao Ravalomanana et Didier Ratsiraka, ndlr). Les sept recommandations du Gic-M, à travers un aide-mémoire, développent, entre autres, la restructuration de la CES et l’établissement d’une nouvelle liste des candidats. Lors de son dernier déplacement dans le pays, le commissaire à la Paix et à la sécurité de l’Union africaine, Ramtane Lamamra, a montré un certain optimisme allant dans ce sens. «La promulgation de la loi portant restructuration de la CES est un événement très important. Elle est de nature à déclencher une dynamique», avait-il alors indiqué.

Cependant, les candidats concernés ne montrent pas pour autant un quelconque signe de fléchissement de leur position. Une déclaration publiée par le site Mediapart et attribuée à la candidate Lalao Ravalomanana a souligné hier que tous les citoyens malgaches veulent aller aux urnes le plus tôt possible. «Je ne pense pas que les menaces de sanctions contre certains candidats soient utiles dans le processus de restauration de la démocratie à Madagascar: les seules personnes pouvant ramener la démocratie dans notre pays bien-aimé sont les Malgaches eux-mêmes», aurait déclaré l’ancienne première dame.

J.P.

 

 

 


 

 

Le Gic-M en réunion en début septembre

 

Selon une source autorisée, la nouvelle mouture de la CES est scrutée à la loupe par la communauté internationale. L’attente de l’établissement de la liste des candidats à la présidentielle en est la principale raison. Cette même source a révélé que les partenaires internationaux réunis au sein du Gic-M se réuniront de nouveau vers début septembre, probablement à Addis-Abeba, pour faire le point sur l’avancée des recommandations émises lors de leur réunion du 26 juin.

En tout cas, «La haute représentante se déclare profondément préoccupée par l'absence de progrès dans la mise en œuvre de la feuille de route. Une situation qui remet sérieusement en cause la transition consensuelle et inclusive, appuyée par la communauté internationale, qui devait amener à la restauration de l'ordre constitutionnel à Madagascar», a fait savoir hier un communiqué de l’Union européenne.

 

 
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