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Les étudiants de l’université d’Antananarivo ont entamé hier, à partir de l’esplanade d’Ankatso jusqu’au terminus des «taxibe» 119, un mouvement de grève pour revendiquer le paiement des cinq mois d’arriérés de bourses d’études. En effet, des promesses ont depuis quelques semaines été reçues de la part des différents responsables, cependant ce n’étaient que des paroles en l’air, du moins jusqu’à la journée d’hier. De ce fait, les étudiants ont commencé à se rassembler sur l’esplanade d’Ankatso pour ensuite sortir du campus pour rejoindre le terminus des taxibe. La situation s’est très vite détériorée dès l’arrivée des éléments des forces de l’ordre regroupés au sein de l’EMMO-REG vers 10 h en vue de former un périmètre de sécurité. En effet, quelques étudiants ont commencé par jeter des pierres visant les véhicules des forces de l’ordre et des passants et ont brûlé des pneus, allant même jusqu’à mettre le feu sur un kiosque d’un taxiphone. La réaction du camp d’en face ne s’est pas fait pas attendre car les forces de l’ordre ont dispersé ces étudiants à l’aide de tirs de grenades lacrymogènes. Néanmoins, les jets de pierre ont continué, ce qui a entraîné l’entrée des militaires au sein du campus pour y procéder à l’arrestation des fauteurs de trouble. Cette intrusion a été condamnée par les responsables de l’université, dont le Pr Harijaona Jean Jules qui a souligné qu’il s’agit d’une violation de la franchise universitaire. Personne à part le président de l’université ne peut lever la franchise universitaire ne peut lever cette franchise, a-t-il spécifié. Ce à quoi le colonel Andry Rakotondrazaka de l’EMMO-REG a rétorqué qu’à partir du moment où ces grévistes ont commencé les jets de pierres et à saccager des biens d’autrui, la franchise universitaire n’a plus lieu d’être car c’est un cas de flagrant délit d’infraction. Ce dernier de continuer que des individus malintentionnés, et qui ne sont pas des étudiants, ont initié ces jets de pierres et ces actes de vandalisme. «Par conséquent, nous avons procédé à leur arrestation, au total ils sont une dizaine à avoir été arrêtés et transportés à la caserne de Betongolo pour être enquêtés. A noter que 2 gendarmes ont été blessés, mais il y a également des civils», a expliqué le colonel Andry Rakotondrazaka
Par ailleurs, le mouvement de grève s’est poursuivi dans l’après-midi, faisant un bilan d’une dizaine d’individus arrêtés et de 7 blessés.
Pour la démission du ministre
Selon les explications des membres de l’Association Pédagogique à l’Université d’Ankatso, le mouvement de grève se poursuivra ce jour. Selon les informations qu’ils ont recueillies, le Président de la transition a signé le 19 octobre dernier les documents relatifs au paiement de leurs bourses. «Nous sommes le 30 octobre (hier : ndlr), comment se fait-il que le ministère de tutelle n’a toujours pas débloqué les fonds ? Il en est de même pour le budget de fonctionnement de l’université. De ce fait, nous allons poursuivre notre mouvement de grève, pour demain (ce jour : ndlr) nous projetons d’effectuer un sit-in devant le ministère de l’Enseignement Supérieur. Si le ministre n’est pas prêt d’agir dans les plus brefs délais, nous demanderons sa démission. D’ailleurs, nous interpellons le Président de la transition à voir de près la situation ; qu’il limoge ce ministre incompétent», s’est exprimé le président de l’association.
Recueilli par Imasindia
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