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Chronique: présence des armes, garde à vous

À n’importe quel lieu, public ou privé, en milieu ouvert ou à l’intérieur d’un établissement, en plein jour comme de nuit, il n’est pas interdit de craindre qu’un quelconque individu porte sur lui une arme à feu. L’incident qui s’est produit à la sortie d’une boîte de nuit la semaine dernière montre combien il peut être périlleux de réagir aux brutalités provocatrices que s’autorisent de gros bras aux petites têtes de surcroît porteurs d’armes. Le défaut de moralité pour mériter le port de ces engins de mort redouble la dangerosité de pareils gugusses. Prime à l’insécurité publique, d’eux-mêmes ils bavent en se référant à leur statut social pour dire leur conviction : comme le témoigne leur liberté à porter des armes, leur statut leur confie une sorte permis de chercher noise et de violenter autrui. Ce soir là en s’en prenant à un baveux ils se seraient trompés de client pour l’exercice d’instinct caractéristique de bête nuisible. Un baveux qui plus est à la solde de personnages connus, fait partie de la classe des intouchables. L’affaire a pris la dimension d’une bataille de classes sinon de la haute du moins dans la sphère des influences. Pour aggraver le cas, en période électorale, l’incident prêtait occasion à toutes sortes d’exploitation politique, ça a fait l’objet d’une course et c’est à qui dégainerait la première réaction. Malgré le handicap d’avoir comme protagonistes dans l’affaire des proches de son entourage le Premier ministre a fait preuve d’une grande habileté avec une rare célérité pour renverser la vapeur et réussir à sortir par le haut, se hissant à la valeur d’un homme d’état : le droit ne fait pas place aux états d’âme.

Les suffrages unanimes pour applaudir ce fait d’arme ne suffisent toutefois pas à faire régner la sécurité. Lors même que cette réaction constitue un signal fort, une hirondelle ne fait pas le printemps, surtout que la bête insécurité se présente protéiforme. On ne la rencontre pas seulement à travers multiples types d’agressions pour attenter à la sécurité des personnes et des biens, mais elle rampe de façon banale au quotidien sous diverses formes de difficultés pour multiplier les obstacles à la possibilité de vie voire de simple survie des populations. Obligation se fait de décliner populations au pluriel, s’il est un dénominateur commun des difficultés, à chaque classe à chaque région géographique les spécificités des manifestations du problème et celles des moyens pour les surmonter. L’avènement d’un nouveau pouvoir et la perspective d’un autre système de gouvernance aident à envisager la traversée des fêtes qui s’annoncent à la grimace des insécurités.

 

Léo Raz

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