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Ambatonamelakanfantra: les anciennes BD à renaitre de leurs cendres

Ambatonamelakanfantra: les anciennes BD à renaitre de leurs cendres

Ce jour, au Tahala Rarihasina, l’exposition de Bande dessinée (BD), organisée par l’association Ambatonamelakafantra, prendra fin. Selon Mamy Raharolahy, dessinateur-scénariste, également membre de l’association, l’objectif est de raviver la nostalgie des anciens lecteurs, en présentant quelques-unes des œuvres qui ont cartonné dans les années 80, telles que « Koditra » ou encore « Radanz ». Quant à lui, il souhaite exposer aux jeunes générations ses anciennes œuvres, dont la plupart ont été rééditées.  Interview.

* Les Nouvelles : Lesquelles des anciennes BD ont été rééditées durant cette exposition ?

– Mamy Raharolahy : Nous avons sorti les premières BD malgaches, issues de la collection Herimpo Malagasy intitulée «  Ny ombalahibemaso ». Editée en 1961 en version malgache, à la veille de l’indépendance, cette collection met surtout en exergue le roi Andrianampoinimerina. Ici donc, l’objectif est de faire connaître l’histoire de ce roi qui a su bâtir notre île en une nation.

* La BD était-elle un des moyens les plus efficaces en matière d’éducation ?

-C’est tout à fait logique. A titre d’exemple, « Prince Rakoto », une de mes œuvres retraçant également l’histoire de notre pays, a été approuvée et financée auparavant par le ministère de l’Education. Editée en plus de 250.000 exemplaires, elle a été distribuée dans les CEG. Malheureusement, l’Etat a arrêté son financement, il y a longtemps. Actuellement, nous espérons que le gouvernement comprenne l’importance de cet art dans le système éducatif.

* Pourquoi la BD malgache ne connaît-elle plus le même essor actuellement ?

– Effectivement, la BD malgache a connu un franc succès dans les années 80. Plus de 30 revues existaient dans le pays. Malheureusement, vers la fin de cette décennie, la vidéo commençait à s’imposer et les lecteurs délaissaient progressivement la lecture. Et nous rencontrons actuellement le même problème, surtout à cause de l’internet. Peu de lecteurs achètent des livres ou des BD. De plus, à cette époque, aucune école spécialisée ne se trouvait au pays. Les scénaristes d’antan relataient ainsi les mêmes histoires et les lecteurs commençaient à s’en lasser. Et enfin, l’univers du livre en général rencontre une difficulté de financement, depuis plusieurs années déjà.

* Que comptez-vous donc faire pour raviver cet amour du 9e art ?

– Nous allons étudier davantage le scénario, en partageant la même vision avec les anciens bédéistes, c’est-à-dire, raconter une partie de l’histoire de notre pays et les divers régimes monarchiques de Madagascar, entre autres les rois de Sakalava, de Betsileo ou encore de Betsimisaraka. Bref, l’objectif est de conjuguer à la fois l’éducation, l’histoire et la bande dessinée.

Holy Danielle

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