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Chronique: rien qu’une larme

Que ce fut la minorité râleuse qui ne s’est pas économisée pour faire entendre les critiques acerbes fustigeant les dysfonctionnements résultant de la piètre organisation de cette élection, que ce fut la majorité silencieuse des chanceux électeurs inscrits sur la liste, l’unanimité s’est retrouvée pour exprimer la raison qui a poussé chacun à effectuer le choix d’aller voter, un désir de changement. Malgré les illusions  qu’il entretenait de figurer dans le peloton des favoris, cette situation ne plaidait pas en faveur du sortant. Dans la soirée lors du dépouillement, les chiffres clouaient son sort, de rares soupirs ont manifesté pitié pour celui qui croyait être (comme certains de ses concurrents) mais les plus apitoyés n’ont eu à écraser qu’une seule petite larme de convenance, geste auquel n’ont pas eu droit nombre des 36 parmi lesquels quelques-uns semblent pourtant promis à une médiocre performance déterminée par un pourcentage de zéro virgule des suffrages. Réveil difficile dans les états-majors de ceux qui n’ont pas vu venir cette déroute ( ils sont plus d’un ). Dans nombre de Q.G. ne règne pas davantage une ambiance de fête, les premiers résultats obligent à réaliser les erreurs pour excès d’optimisme et à baisser pavillon, encore que jamais défaits certains se projettent déjà dans des petits calculs espérant sauver leurs mises et pouvoir monnayer leurs résultats comme s’ils étaient propriétaires des suffrages qu’ils ont obtenus au premier tour. Et s’il n’y avait pas de second tour ? Malgré les souhaits émis par la Haute Cour Constitutionnelle pour que tous observent la réserve de n’évoquer aucune hypothèse, dans les camps des candidats les mieux flattés par les premiers résultats qui circulent, on ne se prive pas de clamer la conviction de l’emporter dès le premier tour. De bonne guerre que l’intox ! Certes ça ne changera plus rien aux résultats, mais la bataille de communications fait partie du jeu. Toutefois on ne s’amuse pas toujours impunément avec le feu, en 2002 on a fait l’expérience d’une vile manipulation de l’opinion : le lavage de cerveaux qui a réussi à faire d’une vision d’un «premier tour dia vita» une obsession des partisans. Le schéma d’une récidive diffère cette fois-ci, dans deux camps opposés on cultive une même foi mais en des champions différents, alors qu’il ne saurait y avoir coexistence, un fauteuil à une place. Plus dure risque d’être la déception du recalé, et s’il devait se tenir un second tour la concurrence promet quelques risques de violence.

Léo Raz

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