Flash
Préc Suiv

Lu ailleurs: quand Transparency International Initiative Madagascar dérape

De passage à Paris dans le cadre du Sommet mondial des défenseurs des droits humains, du 29 au 31 octobre, Ketakandriana Rafitoson, directrice exécutive de Transparency International-Initiative Madagascar, a multiplié les attaques virulentes à l’encontre des principaux candidats au scrutin présidentiel. Au risque de raccourcis malheureux et d’ingérence en pleine campagne électorale.

On connaît surtout l’ONG Transparency International pour son indice de perception de la corruption. Alors que sa dernière édition place Madagascar à la 155e place sur 180, il est légitime que cette organisation issue de la société civile, dont le travail de plaidoyer vise à faire reculer la corruption, épingle un phénomène qui touche tous les secteurs de la Grande Ile, des projets de BTP à la justice. Cependant, il y a de quoi s’interroger sur le professionnalisme, voire les intérêts cachés de la branche malagasy de l’institution alors que sa directrice exécutive, Ketakandriana Rafitoson, parcourt les plateaux TV parisiens en n’hésitant pas à relayer des fake news sur certains candidats.

Fonds de campagne

S’interroger sur l’origine des dizaines de millions d’euros dépensés dans le cadre des campagnes des principaux candidats, en décalage avec la réalité d’un pays parmi les plus pauvres au monde? Soit. Il est vrai que les trois principaux candidats écrasent la concurrence en matière de visibilité et de moyens déployés. On peut par contre s’interroger sur le bien-fondé du formulaire envoyé aux 36 candidats en lice concernant l’origine de leurs fonds de campagne. Sans surprise, alors que la loi électorale en vigueur dans le pays n’oblige pas à cette transparence, ils n’y ont pas donné suite. Et puis une Commission de contrôle des financements des comptes de campagne a été mise en place début octobre à cet effet, même si ses conditions de fonctionnement ne sont pas réunies.

Propos diffamatoires

Mais ce qui interpelle dans les multiples prises de position médiatiques de Ketakandriana Rafitoson, ces derniers jours, c’est la virulence et le caractère approximatif de ses propos. Difficile de ne pas bondir lorsqu’elle affirme avec aplomb sur TV5 qu’Andry Rajoelina est «impliqué dans des affaires de biens mal acquis». Un raccourci malheureux qui relève de la fake news comme on en trouve à foison sur la toile, répandues par les partisans des uns et des autres. Quelle surprise qu’une telle organisation puisse s’en faire l’écho ! C’est à se demander quels sont les intérêts défendus, voire pour qui roule cette directrice… Alors que Madagascar est sur le point de vivre une élection pacifique et démocratique (même si des risques de triche demeurent), ce serait un comble que Transparency International vienne entraver cette bonne marche.

 

Source : https://blogs. mediapart.fr/guillaume-lafargue/blog/021118/quand-transparency-international-initiative-madagascar-derape?fbclid

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas rendue publique