Flash
Préc Suiv

Houcine Arfa: «Hery Rajaonarimampianina voulait faire éliminer Marc Ravalomanana»

Houcine Arfa: «Hery Rajaonarimampianina voulait faire éliminer Marc Ravalomanana»

Hery Rajaonarimampianina se trouve actuellement dans une tourmente judiciaire. Et pour cause, l’ancien formateur de la garde présidentielle, Houcine Arfa vient de saisir la justice malgache sur plusieurs affaires concernant de près l’ancien chef d’Etat. Selon le dossier, ce dernier aurait même ordonné à Houcine Arfa d’éliminer physiquement un ancien président de la République.

Le cas  Houcine Arfa revient au devant de la scène politico-médiatique et il semble que l’affaire n’a pas encore livré tous ses secrets.  Selon les informations recueillies, cette personnalité a décidé le 16 octobre de porter plainte contre l’ancien président Hery Rajaonarimampianina, par le biais de son avocat.

Les motifs de plainte sont énormes, «Association de malfaiteurs, complicité de coups et blessures, complicité de tortures, complicité de tentative d’assassinat, complicité de kidnapping, non révélation de crimes, corruptions passive et active, blanchiment de capitaux ou encore enrichissement illicite».

L’ancien formateur de la garde présidentielle met en avant ces faits pour rappeler que l’ancien chef de l’Etat, candidat à sa propre succession, était au courant de tout ce qui se manigançait autour de cette affaire depuis le début.

Selon les avocats d’Houcine Arfa, la plainte a été adressée à madame le Procureur  contre l’ ancien président Hery Rajaonarimampianina durant son mandat car ses affaires relèvent du droit commun et n’entrent pas de ce fait dans l’attribution de la Haute cour de justice (HCJ).

Temoin gênant

Pour rappel, Houcine Arfa aurait été recruté pour former la garde présidentielle. La confiance entre l’ancien président et lui, s’est renforcée suite à la sécurisation du XIXe Sommet de la Francophonie.

Par la suite, selon la plainte déposée parc Houcine Arfa, l’ancien chef  de l’Etat lui aurait «demandé» d’éliminer un ancien président  et d’espionner un autre. Des choses qu’il aurait refusées catégoriquement et qui était à l’origine du clash entre les deux hommes.

«Malgré l’insistance de Monsieur Hery Rajaonarimampianina, Houcine Arfa a refusé catégoriquement d’effectuer cette mission. D’une part, cette mission n’entrait pas dans le champ d’expertise et ni dans le cadre du contrat de Monsieur Houcine Arfa. D’autre part, Monsieur Arfa n’a jamais accompli ce genre de mission et n’exécutera aucune opération de ce type, en raison de son intégrité et son éthique professionnelle», rapporte cette plainte.

Toujours selon ses révélations,  des drones ayant pour seul but de surveiller les deux anciens présidents et l’un de leur proche ainsi que des armes à feu, par palettes, destinées à l’assassinat de l’ancien président, auraient été importés.

Du reste, Houcine Arfa était devenu un témoin gênant, non seulement «par son refus d’assassiner un ancien président, mais aussi par sa connaissance de l’importation illicite d’armes à feu, des différents trafics réalisés par la famille et les conseillers de l’ancien président, des crimes commis par le fils de l’ancien président, ainsi que des actes de corruption passive et active, de blanchiment de capitaux et d’enrichissement illicite de l’ancien président».

«C’est pourquoi, l’ancien PRM a ordonné l’élimination physique de Houcine Arfa en deux étapes, à travers un procès inéquitable et une évasion organisée», a-t-on rapporté.

Violation des lois

Toujours est-il que les faits reprochés à Houcine Arfa, comme menace de mort, tentative de kidnapping, extorsion de fonds, faux et usage de faux et usurpation de titre lui avaient valu une arrestation le 20 juin et une détention préventive à la prison de Tsiafahy le 23 juin 2017.

Par la suite, ses droits fondamentaux ont été bafoués car il n’a pas pu communiquer avec son avocat et l’instruction de son affaire s’est déroulée en l’absence de temoin. Sans oublier que «d’importantes sommes d’argent (120.000 euros) saisies à son domicile ont été scellées mais n’ont pas été déposées par la suite à la caisse des dépôts et consignations. Ce montant n’apparait dans aucune procédure. Malgré les multiples demandes formelles de restitution, cette somme a disparu».

En outre, durant sa détention préventive à Tsiafahy, Houcine Arfa aurait subi de graves sévices, notamment des coups violents et répétés par des agents pénitentiaires. Il s’était d’ailleurs vu  refuser deux demandes de mise en liberté provisoire, en dépit de son mauvais état de santé.

Tentative d’assassinat

Dans sa plainte, l’ancien formateur de la garde présidentielle a aussi indiqué que l’ancien président aurait facilité son évasion, suivie de tentative d’assassinat. Sauf que «la première partie du plan a fonctionné mais la seconde n’a pas été exécutée lors de son transfert. Il a pu s’enfuir par la route avant de prendre le bateau vers Mayotte puis l’avion vers la France».

Sur ce, Houcine Arfa attend clairement la suite de l’affaire devant la justice. D’autant que selon ses dires, l’ancien président aurait non seulement violé les lois malgaches mais, également  les lois internationales, notamment la Convention des Nations Unies contre la corruption qui a été ratifiée par Madagascar, ou encore la convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption, l’adhésion au protocole de la Sadc contre la corruption…

Rakoto

 

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas rendue publique