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Chronique: Métastase

Difficile d’identifier le foyer initial alors que le mal surgit en des foyers secondaires infectant presque tous les établissements d’enseignement primaire publique. Crise structurelle et culte de la médiocrité perturbent tout cheminement vers le développement en bien des domaines autres que celui de l’enseignement, qu’il en devient indécent de traiter de problème sectoriel ou de sujet présentant un caractère conjoncturel. Cependant lorsqu’en cette période électorale certains candidats font d’un échec de leur politique concernant un secteur particulier un cheval de bataille pour mener propagande, poussant le culot jusqu’à ceindre leur tête d’une couronne de laurier en présentant la catastrophe dont ils sont comptables comme une réussite dont le pays serait bénéficiaire, le silence se ferait coupable de complicité d’une telle manœuvre indigne. Élémentaire la forme de poser le problème : 70 à 75% des enfants en âge scolaire fréquentent l’école primaire publique, 70% des enfants ayant suivi l’enseignement primaire tentent de poursuivre le cycle secondaire, les 30% qui arrêtent après la classe CM2 se composent d’une majorité issue de l’école publique, en partie parce que là se trouve la limite de leur ambition et des moyens, mais aussi parce qu’à ce niveau plafonne leur préparation à pouvoir leur permettre d’aller plus loin. Conclusion, l’école publique a cessé d’être un ascenseur social pour devenir une école qui entretient les inégalités. Pour remédier à cette dérive, relever le niveau de l’enseignement ! Dans cette perspective de rehausser le niveau, les décideurs politiques ont adopté une formule qui relève du délire pour espérer en attendre un miracle. Il faut être doué d’une bonne dose d’incompétence ou posséder un cynisme monstrueux, soit pour y croire soi-même, soit pour vouloir faire croire le public qu’en baissant le niveau des enseignants, on réussirait à élever le niveau de l’enseignement. Les maîtres Fram sont aux instituteurs ayant reçu une formation dans une École normale, ce que les vessies sont aux lanternes. L’ex ministre de l’enseignement aujourd’hui candidat s’enorgueillit d’avoir fait des tournées en moto pour visiter les écoles en brousse. Pas en moto certes, mais d’autres aussi ont effectué des descentes sur terrain. Sans doute qu’ils n’ont pas vu les mêmes écoles, en tous cas ils rapportent des visions différentes, lui se dit ravi de la formule, eux n’ont constaté que des situations pathétiques de plus en plus catastrophiques à mesure que l’on s’éloigne de la capitale, exception faite des établissements situés dans les chefs-lieu. Pauvre candidat Rajaonarimampianina, il a gobé comme parole d’évangile les légendes que lui ont racontées les collaborateurs, ministres et conseillers, et ne manque pas d’utiliser en arguments les bobards qu’on lui a fait avaler. De l’horreur d’avoir plombé pour longtemps le corps des instituteurs en intégrant dans la fonction publique quelques 10.000 maîtres Fram, il en fait une fierté pour son bilan. Il n’a pas vu la peau de banane. Le ministre auteur de cette vilainie ne récupérera pas pour autant des voix en conséquence. Tous deux portent ensemble la croix de cette ignominie.

Léo Raz

 

 

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