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Passation à Iavoloha: un non-élu à la tête de la République

Passation à Iavoloha: un non-élu à la tête de la République

Une situation inédite. Une personnalité qui n’est jamais passée par les épreuves des urnes va conduire le pays jusqu’à l’arrivée du prochain président élu.

Une nouvelle Transition pour certains, un moment de flottement né par respect des prescrits constitutionnels pour d’autres. Chacun y va de son commentaire. Toujours est-il que l’ancien président du Sénat, Rivo Rakotovao, assurera l’intérim à la tête de la République sans avoir passé par l’épreuve des urnes.  Proche conseiller du Chef de l’Etat alors que ce dernier était encore ministre des Finances et du budget durant la Transition, il a été nommé  au titre du quota présidentiel  au Sénat. Aujourd’hui, il se trouve à la tête de l’Etat grâce ou à cause, c’est selon, des astuces mises en place par les proches du régime.

Cette situation a fait d’ailleurs réagir pas mal d’internautes depuis quelques temps car avec la cérémonie de passation d’hier, c’est un élu qui passe le flambeau à un non- élu alors que lorsqu’un nouveau président arrivera, c’est l’élu qui devra faire la passation. «Il aura fallu mentionner dans la loi organique que le président du Sénat (appelé à assurer l’intérim en cas de vacance de la présidence) doit être élu par les sénateurs parmi les sénateurs élus», a fait remarquer un observateur.

Avidité

Il faut se rappeler que cette situation résulte aussi de l’avidité des ténors du régime actuel à se maintenir coûte que coûte au pouvoir. En effet, à la veille des préparatifs électoraux, le régime avait tenté de mettre en avant la nécessité de modifier la Constitution. Le Chef de l’Etat d’alors, Hery Rajaonarimampianina, lors d’un petit-déjeuner de presse à Iavoloha en septembre 2017, avait alors défendu l’initiative d’une révision constitutionnelle en dénonçant certains articles de la Constitution. Mais comme l’initiative s’est heurtée à la réticence de la majorité des acteurs politiques, le régime a alors choisi de mettre son plan B à exécution en nommant comme sénateur le président national du HVM. A partir de là, tout a été clair car le Chef de l’Etat par intérim assurera les arrières de son prédécesseur.

Quoi qu’il en soit, la cérémonie de passation d’hier à Iavoloha n’as pas été une occasion de sortir par la grande porte pour le désormais ancien président de la République. D‘autant que lors de son discours, il n’a pas su défendre les acquis du régime mais, comme à l’accoutumée, s’est cantonné à dénoncer la période transitoire par rapport au taux de pauvreté et la mise au ban par la Communauté internationale.

Rakoto

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