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Chronique: Un excellent mauvais exemple

On voudrait illustrer l’une des pires situations de vrai faux état de droit en raison d’une culture de juridisme hypocrite que l’on ne saurait imaginer meilleur exemple que la polémique dans laquelle on noie la vie publique actuellement. L’opinion se perd à vouloir comprendre, le public se console à attendre l’issue d’un spectacle qui met en scène un combat indigne, dans lequel s’affrontent deux aristos du système judiciaire, l’un mettant en jeu son autorité, l’autre son influence. Vilain jeu ou jeu de vilains ? Acteurs et commentateurs jouent à élever les débats sans prendre conscience du ridicule de leur rôle à traîner la question au niveau des caniveaux. Ils perdent raison en essayant de donner un sens à un droit dont ils ont égaré l’âme pour l’avoir que trop trituré afin de lui faire dire ce que eux voulaient entendre sur le moment quitte à lui faire cracher le contraire le lendemain si telle se présentait la nécessité.

Le sujet de cette chronique est plus honteux que la scène n’est triste, on peine à nommer les acteurs. Tant va la cruche à l’eau… Jeux politiciens et pratiques judiciaires même combat, ils ont fini par faire battre des montagnes, des sommets : Haute Cour Constitutionnelle et Conseil d’État. Normal si dans l’opinion on suspecte plus qu’une guerre d’influence une bataille de corruption. Les spécialistes égarent leur latin, sont réduits à se réfugier derrière des citations et à n’avancer que des arguties, adieu les combats d’idées place aux querelles de harengères. Ça vole si bas que l’on a l’impression d’assister à une répétition entre demi-savants et apprentis-sorciers, et pourtant se joue le sort d’une élection dont la tenue ou le report conditionne au plus haut point la réussite ou l’échec d’un changement que l’on doit opérer pour que cessent les dérives de gouvernance.

Pourtant à bien y réfléchir on devrait se féliciter de cette étape, dont le grand mérite a été de révéler jusqu’à quelle profondeur se trouve le mal pour qu’il sévisse ainsi jusqu’à atteindre de tels sommets.

Il ne s’agit pas une fois de plus de croire en des remèdes magiques ni s’en remettre à des docteurs miracles, la population n’a que trop payé pour des tentatives de faire sauter de cases le pays, plus qu’à vouloir faire des bonds il faut se résoudre à revenir à la case départ et se gendarmer à rester dans les clous. Demain promet sueurs, larmes et autres sacrifices : cherche désespérément courageuse ou courageux qui ose annoncer ce passage obligé.

Léo Raz

 

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