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Report ou annulation de la présidentielle: Didier Ratsiraka dévoile son jeu

Report ou annulation de la présidentielle: Didier Ratsiraka dévoile son jeu

Petit à petit, les langues commencent à se délier et la vérité sort de la bouche  des têtes bien connues. Si l’amiral Didier Ratsiraka  s’est tenu en arrière-plan par rapport aux manifestations exigeant le report ou l’annulation des élections, il est actuellement sur le devant de la scène. Lors du prochain projet de loi sur les élections, la présentation d’un certificat médical d’aptitude aux fonctions de président de la république devrait être exigée des candidats.

C’est confirmé. L’entrée en lice de l’ancien président de la République Didier Ratsiraka à la course présidentielle a été bien calculée. Les rumeurs sur son appartenance au groupe des candidats pour le report ou l’annulation des élections, sont confirmées.

Hier, lors de son intervention au Carlton qui a été retransmise en direct sur des chaînes télévisées et radios de la Capitale, le candidat numéro 21 ne l’a pas démenti. «Je ne suis pas derrière cette demande, mais ce sont plusieurs candidats. Et je ne fais que les suivre», a-t-il déclaré nonchalamment. Ratsiraka a su gardé son sens de l’humour, mais le pays a besoin de sérieux pour être redressé. Le temps de faire le clown est révolu.

 En fait, cette affirmation est corroborée par la présence du candidat Tabera Randriamanantsoa et des leaders du Hetsika ho Fanorenana Ifotony (HFI), à l’instar de Pety Rakotoniaina.

Durant cette intervention, l’amiral a une fois encore réitéré qu’il est le seul qui a su donner de l’espoir au pays. Pour lui, tous les présidents n’ont pas fait mieux que lui. L’amiral s’est même permis de donner des leçons de leadership, même aux juges membres de la Haute cour constitutionnelle (HCC).

L’histoire retiendra

Force est de constater que l’amiral reste fidèle à lui-même. Celui d’un président enchanteur par ses belles paroles. Pour lui, tout allait à merveille durant son règne. Les Malgaches se la coulaient douce. Mais aurait-il oublié qu’il est à l’origine de plusieurs maux au pays dont les conséquences sont encore ressenties jusqu’à ce jour ?

Le déclin économique a débuté en 1975, bien qu’il démontre le contraire. D’après les chiffres de la Banque mondiale, le produit intérieur brut (PNB) a atteint son niveau le plus bas vers la fin des années 80, (-343,65% en 1976 et – 470,30% en 1979). C’était le début de la dégringolade du pays.

La répression politique tout comme la mise en place d’un parti unique ont marqué son époque. Pour quelqu’un qui a favorisé la censure, il est mal placé pour parler de la démocratie.

Evoquant les morts d’hommes durant les régimes qui se sont succédé après lui, l’amiral semble avoir perdu de mémoire les évènements du 10 août 1991. Un carnage qui a fait tomber des centaines de citoyens venus réclamer un brin de renouveau. L’histoire sera gravée à jamais. Et il est du devoir des aînés de faire savoir ces mémoires à la jeunesse actuelle, les futurs électeurs. S’il a des comptes à régler avec Marc Ravalomanana relatifs à l’événement de 2002 qui marquait la fin de son pouvoir, cela n’a rien à avoir avec l’avenir du pays. Une histoire vieille de 16 ans n’intéresse plus la population.

En tout cas, devant le contexte actuel,  certains politiciens osent encore jouer sur l’avenir de notre pays. A l’instar de cet ancien président qui mérite tous les respects en tant que doyen et aîné de la République, et qui devrait se ranger et laisser sa place dans le bulletin unique à la jeunesse au lieu de créer des troubles insignifiants.

 

Rakoto

 

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