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Report de la présidentielle: le Conseil d’Etat endossera-t-il la responsabilité ?

Report de la présidentielle: le Conseil d’Etat endossera-t-il la responsabilité ?

Les tractations en vue d’un report ou de l’annulation de l’élection reprennent à mesure que les échéances électorales approchent. Cette fois-ci, le régime joue sa dernière carte.

Après les tentatives du Hetsika ho fanorenana ifotony (HFI) qui n’ont pas abouti, le régime passe à une vitesse supérieure. En effet, le 7 septembre approche à grands pas et l’on sait tous que le président en exercice, candidat à sa propre succession, doit démissionner à cette date. Cependant, cette démission n’est pas bien accueillie dans son clan. Le report ou l’annulation de l’élection est la seule option pour que cette démission n’ait pas lieu.

Il faut rappeler que Tabera Randriamanantsoa a déposé récemment une requête aux fins de sursis à exécution et l’annulation du décret de convocation des électeurs sorti le 29 juin dernier et qui officialise le début du processus électoral. Le fait que cette requête ait été déposée au Conseil d’Etat a étonné plus d’un car, nul n’est sans savoir que seule la Haute cour constitutionnelle (HCC) est habilitée à trancher en matière électorale. De plus, la HCC a préconisé l’élection du 7 novembre comme étant une sortie à la crise.

Non respect du délai imparti

Autre point à souligner dans ce micmac, c’est le non respect du délai imposé par la loi pour attaquer ces actes administratifs. La loi organique 2004-036 du 1er octobre 2004 dispose dans son article 187 que «la requête aux fins de sursis à exécution d’un acte administratif, sous peine d’irrecevabilité, doit être déposée dans un délai de 48 heures à compter de sa mise en connaissance par le public». Pourtant, le décret en question a été publié dans les médias dès sa date d’adoption le 29 juin dernier, et également dans le journal officiel le 10 juillet. La demande aux fins de sursis en exécution a dû donc être déposée le 12 juillet 2018 au plus tard.

Le Conseil d’Etat a programmé l’audience pour cette requête ce jour. Une décision qui serait déterminante pour le pays si jamais les magistrats accèdent à la demande des requérants.

Car, à l’aube d’une nouvelle ère démocratique pour la Nation malgache, trancher en faveur de ceux qui optent pour un report ou une annulation de l’élection exposerait Madagascar et le peuple à une nouvelle  crise, qui engendrerait une nouvelle transition et par conséquent, de nouvelles sanctions.

A quoi joue l’Amiral ?

Comme on s’y est attendu, l’entrée en lice à la dernière minute de l’amiral Didier Ratsiraka à la course à la présidentielle n’est pas fortuite. Des informations circulent actuellement que depuis la semaine dernière, cet ancien président est à la tête d’un groupe de candidats qui fomentent ce report ou cette annulation de l’élection. En effet, son domicile à Faravohitra est devenu, ces derniers temps, le quartier général de candidats qui seraient à la solde du team Rajaonarimampianina. Le candidat Tabera Randriamanantsoa ainsi que Guy Maxime Ralaiseheno ont été vus plusieurs fois sur place. Ces personnalités politiques seraient en train d’envisager des scénarios pour que Hery Rajaonarimampianina reste au pouvoir et prive ainsi le peuple de son droit absolu de choisir un président démocratiquement.

 

Rakoto

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