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Pérégrinations Hebdomadaires: relents nauséabonds prélude aux hostilités

De simples voeux pieux n’ont pas suffit à exorciser de ses démons l’arène politique. Les textes législatifs qui régissent les élections, à chaque fois que s’annonce une consultation populaire d’importance, font l’objet de retouches malhabiles, fruits d’un bricolage destiné à favoriser l’équipe au pouvoir. Plus on avance plus la législation éloigne les élections d’un cadre qui leur garantit un déroulement dans le respect d’un minimum de rectitude morale et d’honnêteté intellectuelle. Si certains avaient espéré de façon candide voir les acteurs se ressaisir pour élever le niveau de la campagne, l’actualité les a rapidement rappelés à devoir regarder la réalité en face. Une semaine à peine après la clôture des dépôts de candidature, ne voilà-t-il pas le climat se détériorer à vue d’œil et à odeur de nez.

Déballages à tour de bras

Combattre l’adversaire rentre dans les règles de l’art, encore que l’on ne peut accorder la présomption d’avoir ficelé un dossier de projet sérieux à celui qui passe plus de temps à débiner les concurrents qu’à faire l’article du projet qu’il propose. Nombre de candidats à défaut d’avoir réussi à composer un projet clair pour pouvoir orchestrer autour une panoplie d’actions, pour avoir nourri de ruse leur maturité ont acquis la technique de manœuvrer des mercenaires et de salir les adversaires sans qu’eux ne montent de façon visible aux créneaux. Les conditions de pauvreté étant, la crise se prolongeant, les mercenaires ne manquent pas, même lorsque l’on ne leur confie de mission qu’à exécuter des basses œuvres.

On est enclin à penser qu’il est du devoir de chacun d’informer l’opinion à propos des malfaisances opérées par tel ou tel autre, mais quand les opérations qui consistent à déverser sans tri préalable sur la place publique les contenus de poubelles se multiplient et coïncident avec la période de campagne électorale, ça prend une tournure tellement nauséabonde, qu’il n’est pas certain que ces «crimes» profitent à l’intérêt général. Dans le fatras des délations et autres accusations sans fondement prouvé, difficile de séparer du faux le vrai. Aussi on ne peut différencier des lanceurs d’alerte qui profitent de l’opportunité pour alarmer l’opinion publique, les opportunistes qui inventent des accusations uniquement dans l’intention maligne de discréditer les concurrents dangereux. Sans doute que certaines vérités nécessitent d’être révélées au grand public, mais le moment de révélation leur ôte le mérite d’une présomption de raser gratis. On y suspecte l’acte d’esprit malfaisant d’autant que ces révélations côtoient un ramassis de délations aussi mal agencées qu’elles sont sans fondement et qu’à l’évidence inspirateurs (payeurs) et mercenaires (exécutants) n’hésitent pas à patauger dans les porcheries pour tenter de salir autrui. Si à l’approche du jour des élections devaient se tenir des débats entre candidats, auditeurs et téléspectateurs auraient le loisir de faire rapidement le tri entre ceux qui consacrent leur temps de parole uniquement à défendre leurs idées et projets respectifs avec ceux qui perdent le temps à se disperser dans des critiques plus ou moins justifiées concernant les offres des concurrents. Après tout à chacun l’usage de ce qu’il en fait de sa liberté, ainsi malgré ce qui a été convenu entre transporteurs urbains à Antananarivo il est des entrepreneurs qui ont décidé de ne pas appliquer la hausse de 100 ariary au-dessus des 400, et n’hésitent pas à l’afficher.

Pas de honte au reniement   

Naturellement les usagers applaudissent le courage de ceux qui osent afficher la «vérité des prix» alors que leur démarche se démarque de la décision de la profession. Mais qu’est-ce donc ici la vérité des prix, si ce n’est le prix que décident les opérateurs de la filière de tel ou tel produit en s’aménageant une marge de bénéfices sans que les gros entrepreneurs ne puissent dicter les montants à eux seuls et que ces prix ne fassent l’objet de subventions de L’État. L’ensemble des professionnels de cette activité ont répercuté une hausse de 100 ariary pour parvenir à équilibrer les recettes à un peu plus de la hauteur des frais de gestion afin de pouvoir ainsi dégager une marge de bénéfices. La continuité du service que ces derniers assurent en persévérant à poursuivre leurs activités à l’ancien tarif, tend à convaincre qu’à 400 ariary ils s’y retrouvent, ce qui hypothèque pour la profession de disposer d’une marge de manœuvre suffisante lorsque surviendra la prochaine nécessité d’effectuer une hausse. Désormais le public doutera des considérations avancées par les groupements de transporteurs pour justifier une hausse.

Il ne s’agit ici ni de plaider en faveur d’une hausse ni de flétrir les raisons qui ont conduit à la décision d’opérer une augmentation, mais de souligner simplement un manquement à la solidarité au sein d’une même profession comme si il n’existait aucune discipline et que les décisions se prennent de façon fantaisiste et d’une manière désordonnée jusqu’à ne lier personne. En tous domaines sur toutes les questions pareille dérive menace, le pays souffre de cette forme rampante d’anarchie. Les élections elle-mêmes sont réduites à des guéguerres que mènent sans foi ni loi les candidats, petite guéguerre contient pourtant la potentialité de virer en vraie guerre, ce qui prête aujourd’hui du grain à moudre à des prophètes de malheur qui annoncent des lendemains dramatiques à l’issue des résultats. L’absence d’une institution respectée pour avoir autorité à siffler la fin du bal des mesquins, laisse peu de chance à ce que se tienne une élection dans un climat de sérénité.

Léo Raz

 

 

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