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Intérim à la présidence: Rivo Rakotovao, l’expéditeur des «affaires courantes»

Intérim à la présidence: Rivo Rakotovao, l’expéditeur des «affaires courantes»

L’actuel chef de l’Etat démissionnera le 7 septembre prochain pour laisser la place au numéro un du Sénat, Rivo Rakotovao. Ce dernier sera chargé des affaires courantes bien que le parti présidentiel aspire à un peu plus de pouvoir.

L’article 46 de la Constitution stipule que «le président de la République en exercice qui se porte candidat à l’élection présidentielle démissionne de son poste soixante jours avant la date du scrutin présidentiel», soit le 7 septembre prochain.

Dans ce cas, «le président du Sénat exerce les attributions présidentielles courantes jusqu’à l’investiture du nouveau président». Rivo Rakotovao sera ainsi chargé de l’intérim du chef de l’Etat. Une mission qui ne l’oblige pas à démissionner de son poste de président du Sénat. En effet, les principales fonctions du Sénat seront assurées par le Bureau permanent.

De leur côté, les membres du parti présidentiel semblent s’en réjouir car, malgré la démission de Hery Rajaonarimampianina, le pouvoir reste entre les mains du HVM en cette période électorale, bien que le rôle du président par intérim soit limité à la conduite des affaires courantes comme le précise la loi fondamentale.

Compétences limitées

En tant que président par intérim nommé par la Constitution, Rivo Rakotovao est chargé provisoirement jusqu’à l’investiture du nouveau président, d’expédier les affaires courantes. Comme il n’est pas un élu, ses marges de manœuvres sont réduites dans leur plus simple expression.

On entend par affaires courantes «les décisions qui n’ont rien à voir avec l’avenir du pays», a précisé le magistrat Herilaza Imbiki, joint au téléphone hier. Il cite alors, à titre d’exemple, les inaugurations ou autres signatures nécessaires au déblocage de certains engagements.

Ainsi, «Le président de la République par intérim dirigera les Conseils des ministres mais ne pourra pas prendre les grandes décisions», a-t-il souligné. Il ne pourra ainsi procéder à aucune nomination aux hauts emplois de l’Etat, d’ambassadeurs et encore moins effectuer des engagements sur les dettes publiques. Par conséquent, le président par intérim ne pourra pas également décider de la dissolution d’une institution telle que l’Assemblée nationale.

Rôle important du Premier ministre

Si le président par intérim n’a pas plein pouvoir, le Premier ministre par contre aura le rôle le plus important dans le pays. Le juriste Firiana Ranesa souligne d’ailleurs que «le Premier ministre sera le véritable chef de l’Exécutif».

Selon ses explications, «le président par intérim n’est en place qu’à titre de représentation, étant donné qu’il ne sera en charge que des affaires courantes». Des attributions exceptionnelles seront par contre octroyées au chef du gouvernement étant donné que les affaires du pays doivent être gérées.

Cependant, le dernier mot revient à la Haute cour constitutionnelle (HCC) qui devra trancher sur le sujet. Jusqu’à ce jour, aucune requête n’a été déposée auprès de la Haute cour en vue d’une explication sur la signification exacte de «affaires courantes». A noter qu’il appartient à la HCC de constater la vacance de poste du président de la République.

Tahina Navalona

 

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