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Chronique: trois grâces aux multiples flèches acérées

N’est peut-être pas encore le tour où l’on aura la chance de voir une femme accéder à la magistrature suprême, malgré la détermination affichée par chacune de ces si peu nombreuses candidates, pourtant détermination de quoi faire mentir les pronostics qui n’accordent quasiment de chance à aucune d’entre elles. La gente féminine n’est pas pour autant absente de la vie publique, au contraire elle y occupe des rôles de plus en plus prépondérants. Ce n’est sûrement pas par le seul fruit du hasard que le SEFAFI, organe qui jouit d’une excellente audience en raison de ses remarques sans concession relatives à l’observation de la vie publique, soit représenté par trois grâces. On commettrait une grossière erreur à vouloir croire que les flèches seraient pour autant moins acérées, et les piqûres moins douloureuses. La Haute Cour Constitutionnelle en sait quelque chose, son président en a fait l’amère expérience à ses dépens. En récitant toute une litanie le SEFAFI renvoie la HCC à ses cahiers et livres en y ajoutant en mention : la constitution est la seule bible de la H.C.C., bien la lire constitue pour elle un impérieux impératif.

Jusqu’à présent le président et les hauts conseillers n’auraient privilégié qu’une démarche les conduisant à sortir des textes davantage que l’obligation les cantonnant à plonger dans la seule lecture de ce qui est écrit. Terrible conclusion que celle consécutive à un constat qui épingle en flag les gardiens de la constitution à errer dans des solutions de l’imaginaire au lieu d’attacher leur esprit aux seuls textes. Sans se défaire de leur pouvoir de séduction ces dames du SEFAFI n’embarrassent pas de fioritures leurs remarques qui froissent et défrisent à la fois. Le charme elles se le réservent, ne se souciant pas de délicatesse pour recadrer ceux qu’elles ont dans le viseur : malheur à ceux qu’elles dessapent, ils s’en trouvent cul-nu avant que ne pleuvent sur leurs féfesses des volées de pan-pan-cul-cul.

On serait enclin à penser qu’elles trouvent plaisir à distribuer les fessées tant elles ne s’économisent pas à le faire, or c’est plutôt parce qu’elles trouvent matière, de leur côté en effet ceux qu’elles recadrent ne se sont pas privés à déborder du cadre de leurs prérogatives. A bien considérer les remarques que ces bonnes dames égrainent, la H.C.C. dont les décisions et les arguments se situent en principe à l’intérieur du seul terrain de la loi, à plus d’une fois se serait plus d’une fois hasardée à revêtir les habits de régulateur de la vie politique, une sorte d’usurpation qui non seulement de cette haute institution dissipe l’autorité mais conforte le principe des exceptions aux dépens des lois et de la constitution dont elle est pourtant par excellence la gardienne. Un retour à la règle se fait obligation prioritaire, hors la loi point de salut pour les institutions : la loi et uniquement la loi.

Léo Raz

 

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