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Chronique: Eh glou ! Et glou ! Et glou !

Jusqu’à la dernière minute, jusqu’à la dernière goutte, le candidat Hery Rajaonarimampianina se sustente du nectar au goulot de son bientôt futur ancien poste. C’est bon, c’est gratis, et ça peut rapporter gros. Alors que les concurrents s’effraient déjà du montant des coûts que représente le moindre regroupement de foule, pour l’instant le président en exercice n’a pas à se soucier des factures de l’intendance, l’Etat s’en charge pour lui, tant en matériel qu’en ressources humaines, en prime l’administration organise la fête et mobilise la population. Du cousu main pour dresser tribune, clé en main pour mener campagne avec l’avantage fait au président de pouvoir du haut de son autorité vanter les mérites du candidat qu’il est. Les tournées et inaugurations se suivent ainsi. Seulement le disque du discours menace de se rayer avant l’heure, et les réalisations ne méritent pas toujours de faire le prétexte du spectacle. Les foules applaudissent, elles savent qu’elles sont là pour ça, elles savent autant que souvent le montage n’a d’objet qu’à vendre du vent. Autant les gens applaudissent à tout rompre tout au long de la cérémonie, autant ils maudissent ces moments où par leur joie factice ils travestissent la réalité de leur sentiment. Ainsi il n’était pas un secret pour eux que la mobilisation de quelques engins de travaux publics n’avait de raison qu’à meubler le décor, et que gesticulations et paroles n’avaient d’objectif qu’à produire des effets d’annonce alors que la réfection de la route Ambilobé-Vohémar restait et reste du domaine virtuel et que l’état actuel constitue une balafre qui défigure le paysage et apprauvrit les populations.

Après le 7 Septembre date à la quelle il devra avoir démissionné, du moins au début il semblera tout drôle au candidat Hery Rajaonarimampianina de ne plus bénéficier de l’apparat réservé au chef d’état. Inutile pourtant de pleurer sur son sort. De gros moyens privés il en dispose et il fait partie du petit nombre de candidats qui posent haut la barre pour se démarquer du reste. L’élection présidentielle plus que jamais ressemble à une course open, dans laquelle s’alignent au départ, bolides de grande écurie, grosses cylindrées de série préparées par d’habiles artisans, et voitures de monsieur tout le monde bricolées par des mécaniciens gros doigts. Dans pareille course il n’y a pas à être spécialiste pour émettre des pronostics qui ont des chances de se vérifier justes lors des résultats, seulement méfiance, ici ce ne sont pas les concurrents qui courent, les résultats dépendent de l’électorat et ne sont pas à l’abri des fantaisies que celui-ci peut manifester. Nombre de candidats n’estiment leur chance que sur des réactions d’humeur des votants.

Léo Raz

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