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Trafic de bois de rose: le gouvernement et la Banque mondiale interpellés

Trafic de bois de rose: le gouvernement et la Banque mondiale interpellés

Le gouvernement malgache, avec le soutien de la Banque mondiale, désire faciliter la vente des stocks de bois de rose. Transparency International – Initiative Madagascar (TI-IM) et l’Alliance Voahary Gasy (AVG) craignent qu’une décision de la sorte ne réactive les réseaux dormants du trafic et permette, comme par le passé, des transactions illégales sous couvert d’opérations autorisées.

Les chiffres tirés du rapport de la 67e session du Comité permanent de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites), le 23 septembre 2016, montrent des stocks de 28.523 rondins de bois de rose saisis et de 274.111 rondins déclarés par des propriétaires privés. Des stocks qu’apparemment le gouvernement malgache, soutenu notamment par la Banque mondiale, veut liquider.

Lors d’une rencontre avec la presse, hier, à Analakely, pour la présentation des résultats d’une investigation sur le trafic de bois de rose à Madagascar, qu’ils ont menée avec le Projet d’enquête sur le crime organisé et la corruption (OCCRP), TI-IM et l’AVG s’interrogent «Pourquoi la Banque mondiale et d’autres partenaires techniques et financiers jouent-ils la complaisance avec l’Administration actuelle sur ce sujet alors que la déperdition d’un patrimoine mondial et l’avenir de toute une population sont en jeu ?»

De plus, TI-IM et AVG notent qu’en 2016, le gouvernement malgache s’est engagé à mettre en œuvre toutes les mesures recommandées par la Cites, concernant le commerce et la gestion des stocks de bois précieux. «L’une de ces conditions est de renforcer sensiblement les mesures de lutte contre l’exploitation forestière illégale, notamment par des saisies, enquêtes, arrestations, poursuites et sanctions. Cependant, à notre connaissance, aucune des sept recommandations formulées par la Cites n’a été suivie, sauf dans une certaine mesure, la partie F (inventaire des stocks). Cependant, il semble que cette recommandation n’ait été mise en œuvre que pour faciliter une éventuelle vente de ces stocks», expliquent-ils.

 Les réseaux continuent d’opérer

«Les réseaux continuent d’opérer et les mauvaises pratiques persistent». C’est ce que montre en effet l’OCCRP dans les résultats de cette investigation. Cet article de l’OCCRP remet en effet sous le feu des projecteurs un sujet qui semble avoir – volontairement ou non – été oublié de tous, alors qu’apparemment, les réseaux continuent d’opérer et que les mauvaises pratiques persistent.

Devant cet état de fait, TI-IM et l’AVG recommandent au Gouvernement de respecter ses engagements pris, entre autres, la réalisation des investigations et enquêtes attendues sur l’ensemble du dossier «bois précieux». Car, pour ces deux organisations, «faciliter le commerce illégal de bois précieux est un crime environnemental international auquel les auteurs doivent répondre devant les tribunaux».

Arh.

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