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Pérégrinations Hebdomadaires: entre abondance et surabondance

De candidatures à la présidentielle certes il en est quelques-unes de farfelues, la Haute Cour Constitutionnelle seule autorité ayant le pouvoir valider les candidatures a vite fait de disqualifier les candidats qui par leur légèreté à constituer un dossier avec sérieux ont d’eux-mêmes témoigné de l’inaptitude à prétendre concurrencer et encore plus à occuper la fonction de Président de la République. Il y en aurait d’autres que, pourtant une fois la candidature officiellement validée, plus personne ne trouve légitimité à déclarer immérité le droit de tel ou tel autre individu à se présenter à cette élection. A quel titre peut-on juger de la valeur d’un candidat, l’autorité de le faire appartient à chaque citoyen le jour de l’élection, encore que de façon indirecte, l’électeur donne son suffrage à un candidat, cette faveur exprimée pour l’un sanctionne à égalité les autres concurrents, le vote ne signifie qu’une préférence sans nécessairement connoter la condamnation des autres. Souvent en n’importe quelle occasion, chacun se complait à chanter les louanges d’un «fihavanana» si idyllique que peaufiné à l’usage du verbe dans la réalité on n’en fait plus qu’un mythe ornement de discours. Intolérance et comportement agressif constituent deux exemples d’attitude à l’opposé de ce que devrait inspirer la culture du fihavanana. Macache ! Dans le mille ! Ailleurs mais malheureusement ici dans le pays aussi, d’intolérance les réactions débordent, allant jusqu’à faire du nombre de candidats un objet de honte national.

36 chandelles ou tout aussi bien 36 étoiles

Pourquoi vouloir trancher avant le peuple ? A entendre certains commentaires farfelus, au moins à l’égal des candidatures qu’ils ironisent, il eut été sensé de réduire sensiblement le nombre de 36. Dans cette logique, simple effet du hasard le chiffre 36 est divisible, eut-il fallu diviser ce chiffre par 2 pour avoir 18 candidats, par 4 pour n’en retenir que 9, voire par 9 et n’en garder que 4 et pourquoi pas par 18 ou même aller jusqu’à 36 et ainsi faire l’économie d’une élection. On sait le mépris que nombreux cultivent à l’endroit du peuple, dans le schéma qu’ils font de la démocratie le peuple a autorité d’avaliser ou surtout d’avaler ce que eux ont mâché au préalable. La démocratie n’est déjà que le moins mauvais des systèmes faudrait-il encore l’étrangler davantage pour pouvoir espérer en tirer quelque chose de bon ? Dans ce cas il faudrait combattre pour convaincre de cette idée la majorité. Dans le contexte actuel, on sait l’inégalité des citoyens face au droit de faire acte de candidature, les mesures pour procéder à un écrémage produisent suffisamment d’effet pour que l’on n’arrive qu’à ce chiffre, que d’autres en ressentent l’envie et s’en sentent la capacité d’assumer la fonction, mais faute de pouvoir satisfaire aux conditions requises pour faire acte de candidature, se contentent du rôle d’électeur.

Dans les commentaires on entend comme un leitmotiv que Madagascar ne mérite ou ne vaut pas plus de quatre ou cinq projets de société ou de programmes d’action. Seulement le pays a besoin de mille et une idées, les une unes fois de plus pouvant être qualifiées de farfelues, mais nombreuses autres ne peuvent qu’enrichir le débat qui n’est national (et encore) qu’en pareille période. Si l’on ne peut parler de véritable pensée construite (idéologie), à l’inverse on ne peut nier le foisonnement de grandes et belles idées même si à côté, telles des herbes folles, poussent des idées courtes parfois mesquines. De quelle manière le nombre élevé de candidats fait de l’ombre au pays, et comment peut-il porter atteinte au peuple ? Évidemment il n’en manque pas de ces candidatures qui interrogent, dans le genre celle de Didier Ratsiraka occupe un rang honorable.

Une impossible crédulité à rééditer le casse de 1997

On risque de commettre une grossière erreur à imaginer qu’en raison d’un âge vénérable, la tête du vieux lion a décliné à la mesure de sa perte de vue. Aussi il est difficile ce penser que Didier Ratsiraka croit en de sérieuses de sortir victorieux de cette élection, mais aussi lorsqu’on le connait un tant soit peu, il est pourtant impossible de l’imaginer monter au front en sachant la défaite annoncée à l’avance. Pourquoi Deba se décarcasse-t-il donc ainsi ? Concernant le bonhomme, toutes les suppositions trouvent raison d’être, sauf celles à le penser diminué du cerveau. Ni naïf ni téméraire pour aller au casse-gueule, Deba envoie un message à ses partisans pour leur signifier qu’il cesse d’être un deba afin de prendre de la hauteur et des’élever à ne plus être qu’un raiamandreny qui s’inscrit de sagesse dans l’histoire. Il n’est pas fou de penser que Didier Ratsiraka révèle avant le jour des élections qu’il n’attend pas à ce que l’on vote pour lui, qu’il y a suffisamment de candidats offrant un large choix aux électeurs. On ne devrait pas être surpris qu’il se serve de cette tribune pour adresser dans le style d’un chef d’état en poste, un message à la nation. La candidature de Didier Ratsiraka prendrait alors une autre dimension, même si on peut lui reprocher de s’être servi d’un événement organisé par l’état à des fins autres que celles que l’on a attribuées à cet événement. Il a payé pour ça, pourrait-on dire. De toutes les façons on ne peut que classer Didier Ratsiraka à part, sa démarche n’a rien de commun avec le comportement prétentieux de ceux qui hier s’écoutaient parler avec fatuité dans le rôle de donneurs de leçons, aujourd’hui sans ménagement sont renvoyés à leur livre, pour apprendre à respecter l’opinion, la population, la nation et les institutions.

Léo Raz

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