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Chronique: partisan jusqu’au bout

Pour avoir été élu par la majorité des électeurs le Président de la République dès sa prise de fonction devient le président de tous. Eu égard à ce titre de raiamandeny la constitution lui fait obligation de s’élever au-dessus des partis, lui interdisant ainsi d’entretenir des relations particulières avec telle ou telle organisation politique. Ce qui n’apparait que simple vue de l’esprit, dès lors que le système repose sur le clivage entre majorité et opposition, la première ayant vocation de soutenir la vision politique du président, l’autre d’y apporter un regard critique et au besoin de combattre l’action en application de cette vision dont le gouvernement a la charge d’exécution. A la limite le bon fonctionnement selon ce schéma serait possible dans un système présidentiel, encore faudrait-il que la majorité parlementaire corresponde à une majorité en soutien de la vision politique du président, dans le cas contraire il faut aménager une cohabitation, hypothèse que ne gère ni pour le fond ni dans les formes la constitution.

De façon générale, les partis politiques se sont constitués suite à l’avènement d’une personne au pouvoir suprême afin d’organiser le soutien nécessaire à celui-ci. L’obligation faite au père fondateur de se séparer de son «bébé» apparait comme une disposition contre-nature, si bien qu’elle reste lettre-morte quant à l’application. De par leur formation, sans nécessairement accorder une place prépondérante à l’idéologie, les organisations politiques recrutent dès leur naissance leurs membres sur la base de sympathie pour le fondateur ou en raison des avantages présumés que présente une adhésion. La conviction n’a pas la cote, elle n’a aucune valeur à la bourse, de bourse des valeurs des idées politiques il n’en existe pas. L’expérience montre que là où les ordres ne suffisent pas enveloppes ou valisettes y parviennent. Tout président ne possède pas toujours de quoi bourrer les enveloppes, heureusement ( ! ) que les caisses publiques peuvent pallier le manque. Le marché en ce domaine est oublieux de nature, pas de morale pas de reconnaissance du ventre. Or au terme d’un mandat durant lequel en théorie le président s’est fait obligation de s’élever au-dessus des partis, la constitution le renvoie en quelque sorte à son parti pour présenter sa candidature s’il veut se succéder à lui-même. Si à ces moments-là dans son parti d’un comportement orgueilleux durant le mandat se manifestent des défections, il faut y voir les signes de mauvaises augures, c’est que le bilan déstabilise le bateau, en conséquence celui-ci prend dangereusement de la bande, dans la panique les rats quittent le bord, sans état d’âme vont tenter fortune ailleurs.

Léo Raz

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