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Chronique: oralité et opacité, moyens de tricherie

Les écrits restent la parole s’envole, adage en lettres d’or dans le manuel du parfait petit tricheur. Alors que l’on exige de fournir des tas de paperasses pour la délivrance d’une autorisation de contruire des latrines aux fins d’enfouir des excréments humains, le gouvernement se satisfait d’une simple communication verbale pour traiter d’une décision relative à l’implantation d’un Centre de stockage de déchets radioactifs. La parole s’envolerait ainsi, tandis que l’argent a sûrement coulé à flots, et qu’une grosse MERDE par excellence va rester dans le pays. La précaution à vouloir insister  sur la durée temporaire du stockage, omet d’apporter la signification du qualificatif « temporaire », dans le genre on a vu du «provisoire» ayant eu vocation à se transformer en «définitif». L’absence d’identification et de détails concernant un fameux «domaine sûr et sécurisé» où l’on va entreposer ces matières dont on ne se débarrasse pas facilement de la teneur de haute toxicité, renforce la nécessité à devoir s’en inquiéter. Quand on ne lâche que si peu d’infos c’est que l’on ne peut ou que l’on n’ose en dire plus ni s’étendre davantage. Quand de la contre-partie officielle on ne communique rien, toutes les supputations relatives aux largesses perçues sous-table trouvent légitimité. Ainsi des irresponsables affectés à de hautes responsabilités, pour quelques dollars de plus lègueraient-ils aux générations futures l’héritage d’une terre promettant de les tuer soit à petits feux soit avec brutalités c’est selon les caractéristiques de ces déchets dont peut-être les ripoux eux-mêmes ignorent la vraie nature. Le gouvernement actuel a vocation à durer de façon éphémère, suite à un consensus mettant en parenthèses la constitution il a eu la mission d’organiser un cadre propice à des élections, un rôle de sauveteur, à l’inverse il se vêt d’habits de fossoyeur en prenant cette décision de surcroît exorbitante de son autorité.

De la fraîche pour alimenter une fois encore les trésors de guerre. Jusqu’ici dans le pays ce genre de trésor a plus que servi à assainir a davantage gonflé les avoirs particuliers si ce n’est celle entreprise dans l’ombre à la méthode corruption, qui n’est moralement pas moins violente. À la longue pourtant elle finira par atteindre une phase sanglante avec de l’hémoglobine à flots. Est-il temps de se reprendre ? Il est sans doute une solution à la fois qu’une obligation pour les candidats à la présidentielle : creuser la question pour en faire sinon un cheval de bataille au moins un thème de campagne jusqu’à provoquer un débat national. Un sujet propre à faire basculer une partie de l’opinion.

 

Léo Raz

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