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Pérégrinations hebdomadaires: entre suspense éventé et petit calcul pour un classement dans la liste Échec des recherches d’effets d’annonce

Qu’untel ou tel autre figure au dernier rang sur la liste des candidats à la présidentielle le public s’en bat l’œil. Que l’actuel locataire d’Iavoloha s’aligne au départ de la course, personne n’en doute plus, il reste le seul à penser que la population espérant qu’il s’y implique, attend avec angoisse l’annonce de sa décision. Les gens en rigolent comme si ils assistaient à la projection d’un film muet où le héros soliloque et mimique sans savoir que des milliers de spectateurs s’esclaffent de le voir courir en retenant son pantalon tombé à mi-fesses. Son partenaire, l’ex qui souhaite retrouver le fauteuil d’où il a été éjecté, cherche lui aussi à partager la scène pour à l’inverse

ne faire qu’un bide. Comme s’ils se prenaient pour des sportifs de haut niveau ayant à participer à une grande compétition, ils se disputent les couloirs. Pour eux, figurer en dernier sur la liste des candidats revêt une grande importance. Si c’est ainsi qu’ils espèrent faire sensation, c’est que le doute s’est installé : concurrencer au niveau des détails est symptomatique d’une perte de foi en soi, c’est déjà résumer la bataille à accorder au facteur chance un rôle important pour résoudre l’équation d’une chance de gagner.

Salle d’appel des concurrents quatre jours avant le départ

Une compétition «open» réunit comme il se doit des concurrents de différents niveaux, dans le principe il en va ainsi des élections dans un système de démocratie, faire acte de candidature constitue un droit ouvert à tous. Que tous les candidats disposent d’une chance égale, pose un problème différent : dans la théorie établir le concept présente déjà bien des difficultés, pour la pratique préférable de passer plutôt que de s’accrocher à l’idée d’une égalité. Or la débauche de moyens mis en œuvres pour mener des campagnes à l’américaine (même réduites à la mode du pays) constitue déjà une insulte en rapport au niveau de vie d’une majorité de la population, qu’en surplus pour ne pas remédier aux excès accentuant le déséquilibre, la loi du plus fort a refusé de plafonner les dépenses. La détermination de la hauteur de la première barrière (50 millions lors du dépôt de dossier) procède de fait à un écrémage, et portant rien qu’à ce stade on commence à se poser les questions embarrassantes pour un bon nombre de candidats. En rapport au bulletin que délivre l’administration fiscale qui atteste de la situation de conformité du candidat aux exigences de cette administration, n’apparait-il pas parfois un décalage entre l’assiette imposable et les capacités à dépenser 50 millions pour une inscription. A l’issue de cette étape les dépenses se déclinent en centaines de millions, en dizaines voire centaines de milliards d’ariary. Des chiffres démentiels pour le commun des citoyens qui parvient difficilement à les faire défiler dans l’imagination. Il serait naïf de croire que les partis disposent de telles trésoreries, il est malhonnête de le prétendre. Les trésoreries de campagne proviendraient-elles de trésors cachés ? Les déclarations émanant des organes de contrôle sont vouées à n’être que des recherches à faire des effets de manche. Si candide que l’on voudrait être, on ne peut se résoudre à l’idée que tous ces millions et milliards proviennent de sources claires ou s’établissent sur des ressources justifiables. Ensemble toute la société, gouvernants et administrés, candidats et électeurs, établissent comme un pacte : l’obligation de jouer chacun les autruches : enfoncer la tête dans le sable pour croire en des campagnes alimentées d’argent propre et en des élections équitables. Les prétendus «intellos» qui réclament l’effectivité d’un contrôle aussi systématique qu’incorruptible ne font qu’apporter de façon indirecte une caution morale au système. Le système est pourri, ce ne sont pas des bricolages de dernière heure qui pourraient opérer un quelconque assainissement, pire les contrôles qui seront menés, risquent d’en accentuer l’iniquité si pour servir d’exemple ils venaient à disqualifier l’un des plus vulnérables parce que proie facile. Des dispositions au dernier moment ne seront que stratagèmes pour faire passer des vessies pour des lanternes. Y aurait-il un degré de saleté et que pour se donner contenance et bonne conscience, on pourrait se satisfaire à faire un peu moins sale ? Ça serait évidemment désespérant d’envisager la situation enfermée dans un cercle vicieux. Comment espérer d’un bienheureux élu de ce système vicié une initiative destinée à opérer un assainissement radical de façon énergique ? En entreprenant un combat à temps voulu, par toutes sortes d’action dès  l’avènement de celui-ci. Il est des gens qui se sont sacrifiés pour des idées, même cercles et salons peuvent servir de tribune pour faire avancer des idées encore faut-il que l’on en fasse des priorités et non des accessoires.

Vanité de l’attente en des guérisons miraculeuse

À un corps gravement malade, même des remèdes de cheval ne produisent pas d’effets immédiats. Il n’est un secret pour personne que le pays souffre de la corruption à un stade clinique. Les recettes de grand-mère que l’on inflige à grands coups de spectacle n’y feront rien et même risquent d’en activer la résistance en poussant  la pratique à épouser d’autres formes…Les suspicions de corruption qui à deux reprises se succédant dans une courte période, ont altéré le concours d’entrée à l’école de la magistrature, constituent des signes qui situent le niveau alarmant atteint par le fléau : la réputation dont souffre la magistrature a réussi à infecter la crème de la jeunesse qui pour preuve joue de cette clé pourrie pour s’ouvrir les portes d’un univers dans lequel une majorité de l’opinion est convaincue de l’existence d’énormes possibilités d’enrichissement facile.

Léo Raz

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