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Les raisons de l’erosion au sein DU HVM : un parti voué à être éphémère

Les raisons de l’erosion au sein DU HVM : un parti voué à être éphémère

Le HVM  ne s’est muté en parti politique que lorsque le président de la République actuel était élu en décembre 2013. Rajaonarimampianina était le candidat d’une certaine coalition mal définie et mal négociée.

Une  zizanie interne au sein de cette coalition conjoncturelle a fait apparaître du néant le HVM devenu, par la force des choses, le parti majoritaire au sein de la Chambre basse. Néanmoins, cette majorité naissante à géométrie variable plombait les ailes du pouvoir novice en termes de gestion politique des affaires nationales et c’est cela qui explique la possibilité de vote de destitution du président sauvé in extremis par le gong de la Haute cour constitutionnelle. Un fait primaire mais qui a suffi pour créer un doute généralisé.

Malgré tout, le pouvoir s’en sort tant bien que mal.Si le pouvoir résiste à une série de secousses durant ces quatre années d’exercice,ce ne sera pas par son bastion de HVM mais plutôt grâce à l’existence d’un groupe de bourgeois ploutocratiques, très dynamique, très fermé et très puissant dans le cercle du pouvoir. C’est un groupe tout à fait à part qui domine l’ensemble de la pyramide.

Ce cercle très fermé verrouille le pouvoir et l’ensemble du système. Une rivalité interne est prévisible. La grande majorité des élus de la Chambre basse arborant la cravate bleue et ceux de la Chambre haute qui écrasent cet hémicycle par leur nombre, ne sont utiles, dit-on,

que pour faire passer les votes qu’il faut gagner à tout prix et pour une façade d’un régime parlementaire. Ces élus se plaignent de la sourde oreille de cette minorité

agissante, de népotisme et de non considération des autres alors qu’il s’agit des affaires nationales et de celles du parti.

Seconde zone

Cette union pouvoir et HVM n’est pas un ensemble cohérent cimenté par une idéologie commune, mais un édifice à deux étages des privilégiés et des politiciens et des militants de seconde zone. Il est très logique dans ce système que les communications ne passent plus et que les intérêts divergent.

Depuis belle lurette, les voix de ceux qui se  sentent lésés se font entendre pour dénigrer « ces avantagés » du parti de leur égoïsme, leur népotisme et leur cercle impénétrable. Le départ du président du groupe parlementaire HVM de la Chambre basse, le choix du ministre Paul Rabary de voler de ses propres ailes, pour ne pas être « soumis » comme il dit, le bruit autour d’un éventuel départ d’une des grandes figures de la Chambre haute, Berthin Randriamihaingo,  sont les preuves d’une situation malsaine au sein du parti, dévoilée par les coups de gueule de la ministre Realy lors de son dernier show télévisé. D’autres personnalités connues vont éventuellement suivre leur voie.

Naïveté du pouvoir qui ne rassure pas

L’histoire du HVM ne diffère pas trop des autres partis au pouvoir des régimes précédents. Les points communs étant leur qualité de se fondre dans le sillage des prérogatives de puissance publique. Si les autres ont pu tout de même renforcer les armatures de leur parti pour rendre solide la cohésion interne, le HVM reste toujours à son stade initial qui fait transparaître des zizanies latentes qui n’attendent que le bon moment pour faire voler en éclats l’ensemble du système.

L’exemple flagrant de cette naïveté étant l’incapacité du régime Rajaonarimampianina de rectifier quelques dispositions de la loi fondamentale qui portent préjudice à son exercice du pouvoir. Cette démission programmée trois mois avant l’élection est un piège fatal. Certes, le président du Sénat, prévu prendre la place du président dans ce contexte électoral, gardera certainement sa robe de grand commis du HVM, mais il n’aura ni le pouvoir du calife ni son charisme ni son influence sur l’ensemble de la structure du parti.

Les simples citoyens, qui ne sont pas censés connaître les dispositions constitutionnelles mais qui sont très pesants dans la loi des nombres d’une élection, voient en cette démission comme une défaite avant la lettre sinon une mort politique prématurée. Chez les hommes de troupe, les regards sont constamment rivés vers le général qui est aux commandes. Dès que le chef fait montre d’une quelconque fragilité, le moral n’y est plus et bonjour les dégâts !

Rakoto

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