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Au courrier : les nouvelles technologies de la communication et la lutte contre le phénomène dahalo

On ne cesse de le répéter, le vol de bœufs est parmi les problèmes d’actualité difficiles à résoudre à Madagascar. Il résiste à l’épreuve du temps et des transformations socio-économiques et politiques ainsi qu’aux mesures prises jusqu’ici. On entend donc parler de vols avec crimes un peu partout dans l’Ile presque chaque jour. Ce ne sont pas les exemples à citer qui manquent dans plusieurs Régions des hauts-plateaux, de l’Est,  de l’Ouest, du Nord et du Sud malgache.

 Pour prendre quelques exemples cités entre autres par la presse, nous rappellons l’attaque effectuée par 80 dahalo le jeudi 7 juin 2018 dans trois fokontany de la commune rurale de Mandrosonoro Ambatofinandrahana au cours de laquelle  un membre du fokonolona a perdu la vie ainsi que sept malfaiteurs ont été abattus par les gendarmes. Le 8 juin, dans le village d’Andrafia, fokontany de Mahazoarivo,  commune rurale de Belobaka, district de Tsiroanomandidy, les gendarmes ont pu récupérer 41 zébus et deux armes à feu. Dans le district de Maevatanana, un village du fokontany d’Amboabary, commune d’Ambalajia, a été attaqué aussi le dimanche 10 juin : deux personnes ont trouvé la mort sous les balles des bandits et cinq parcs à bœufs pillés. Le 28 du même mois, cinq personnes ont péri sous les balles de 50 dahalo dans la commune rurale de Begidro, dans le district de Belo sur Tsiribihina.

 Le 11 juillet dernier, six zébus ont été dérobés par les dahalo dans le village d’Amboasary, commune rurale d’Alakamisy Itenina, district de Vohibato, et le 20 juillet,  les voleurs sont revenus encore sur les lieux pour emporter six bœufs dans le hameau d’Ambalamonina, fokontany de Vohitraivo, commune rurale de Vohibato Ouest du même district. Quatre des dahalo ont trouvé la mort sous les balles des militaires du Détachement autonome de Sécurité après une course-poursuite dans le village de Betapoaka, commune rurale d’Andoharanomaintso,   district de l’Isandra. Pour terminer, 350 bœufs ont été volés par les voleurs dans le district de Sakaraha en début juillet et 25 zébus à Beadabo, commune rurale de Tomboarivo, district d’Amboasary Atsimo…

  Dans les régions à civilisation pastorale de l’ouest et du sud, les populations ne cessent de réclamer l’intervention de l’hélicoptère en plus de l’intervention sur terrain des forces de l’ordre et du renforcement des conventions collectives appelées dina. Il est vrai qu’il y a des no man’s lands importants dans ces localités. Sur une grande partie des Hauts plateaux, il y a également les dina en plus des brigades de gendarmerie et des militaires du Détachement autonome de sécurité. On se tourne également ici vers le projet d’utilisation des nouvelles technologies de la communication comme les puces électroniques  et autres. Quelques cas récents ont montré cependant l’efficacité de l’utilisation du téléphone portable par les paysans pour  se communiquer  entre eux mais également avec les agents des  forces de l’ordre sur  la direction prise par les bandits. A chaque fois, ces derniers se sont fait prendre que ce soit par le fokonolona, de plus en plus armé, il faut le noter, en milieu rural, ou par les forces de l’ordre. Ce qui est à exploiter.

  De même que l’utilisation des radios F.M est un plus, bien sûr, dans le combat quotidien contre ce fléau. Il reste  donc aux autorités politiques d’organiser le système en mettant sur pied des réseaux de communication à grande échelle dans le court terme et d’améliorer l’enseignement, la lutte contre le chômage et d’appliquer la bonne gouvernance en se mettant véritablement à l’écoute de la population, véritables solutions à long terme pour éradiquer  le phénomène en tant que tel.

Pr Henri Rasamoelina

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