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Blanchiment d’argent: des gens hauts placés sous surveillance

Blanchiment d’argent: des gens hauts placés sous surveillance

Le blanchiment de capitaux ne concerne pas uniquement l’économie, la politique y serait à présent mêlée.

D’après le Service de renseignements financiers (Samifin), ces activités illégales atteindraient les politiciens dans le sens où les fonds proviendraient de diverses fraudes et l’exportation illicite de bois de rose.

«Je suis tenu au secret de l’enquête, mais j’ai des raisons de dire que des gens hauts placés sont impliqués dans cette activité», a fait savoir le directeur général du Samifin, Boto Tsara Dia Lamina, hier aux 67 Ha, en marge de la présentation du rapport annuel de 2017 et de la célébration du 10e anniversaire de l’organe.

Ce dernier a même évoqué le terme de «politiciens véreux» durant son discours d’ouverture. «De par leur fonction, certaines personnes se trouvent impliquées dans le blanchiment d’argent», a souligné le patron du Samifin en précisant cependant l’utilité de la mise en place de la Haute cour de justice (HCJ).

Néanmoins, malgré sa volonté d’avancer dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, Samifin fait face à un grand obstacle par rapport aux deux textes sur le recouvrement des avoirs et la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme qui peinent à être adoptés au sein des deux Chambres parlementaires.

107 déclarations suspectes

Ainsi, 107 déclarations d’opérations suspectes (Dos), mettant en jeu plus de 233 milliards d’ariary, ont été transmises au Parquet, dont 94 auprès du Pôle anti-corruption (Pac).

Cependant, aucune suite n’a été obtenue jusqu’à ce jour. «Le blanchiment d’argent est très sensible et nécessite une très longue période d’enquêtes et des poursuites. Des juges spécialisés y sont même affectés», a précisé le DG du Samifin. D’autant plus que l’infraction relève du domaine criminel, donc relève de la Cour criminelle.

Il faut cependant noter que ladite Cour ne statue que deux fois par an. Boto Tsara Dia Lamina explique alors que dans le dessein d’accélérer les procès, le Samifin a proposé de qualifier l’infraction de délit et non plus de crime, sauf que les textes en question sont toujours en attente à l’Assemblée nationale.

Dans son rapport, le Samifin explique que les banques sont les principaux pourvoyeurs de dossiers d’opérations suspectes. Sur un total de 151 dossiers, 115 proviennent des banques. Les autres reviennent aux assurances, des postes ou encore des bureaux de change. Dans tous les cas, les infractions dominantes sont les fraudes fiscales, qui représentent 38% des cas.

Tahina Navalona

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