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Culture de cacao: une alternative à la vanille

Culture de cacao: une alternative à la vanille

L´exploitation de bois précieux de la forêt humide fait place à des initiatives plus pérennes dans les Hautes terres du nord. La plantation communautaire de cacao pour l’exportation internationale constitue l’une de ces initiatives.

La coopérative Sava Volamaitso travaille aujourd’hui avec 230 planteurs de cacao de Sambava, Antalaha, Vohemara et Andapa. Pour la coopérative, la filière cacao constitue un moyen pour sauver les paysans de la Sava de la dégradation de la filière vanille, mais également pour freiner, voire empêcher, l’exploitation massive des forêts et des bois précieux.

C’est un exemple édifiant que Sava Volamaitso essaie de vulgariser étant donné que certains de ces planteurs, avec qui elle travaille, sont membres des communautés de base qui gèrent les forêts. WWF et ses partenaires ont fait des prospections en 2017 avec les producteurs de la filière cacao dans la région. L’objectif est de développer la plantation de cacaoyers dans les champs gérés par les communautés. Sava Volamaitso s’est proposée pour former les planteurs issus des communautés qui souhaitent se lancer dans le cacao. Un engagement personnel revendiqué par Michel Besinoa, qui dirige la coopérative.

« La coopérative assure la fourniture de jeunes plants, le défrichement. Bref, elle allège les dépenses des paysans qui tiennent chacun un carnet sur les dépenses effectuées par la coopérative, et dont ils doivent rembourser la moitié, à la première année de récolte, et le reste, à la deuxième. Le paysan s’engage pour sa part à fournir ses produits à la coopérative, au même prix que sur le marché », a expliqué Michel Besinoa. La coopérative assure ensuite la fermentation des fèves de cacao, leur séchage et leur commercialisation.

Le cours du cacao tourne actuellement autour de 6.000 et 8.000 ariary le kilo pour les fèves sèches et entre 2.000 et 2.500 ariary les fèves fraiches.

Vers le commerce équitable

Le cacao de Sava Volamaitso respecte les normes de production acceptées en Suisse, en Belgique, aux Pays-Bas et au Japon. Ces normes sont liées au choix d’engrais utilisés pour les cacaoyers, à la technique de collecte des fèves et aux procédures de transformation avant l’exportation. Et la coopérative est actuellement en train de faire les démarches pour s’intégrer dans le commerce équitable.

Initialement, le choix de cette coopérative de se tourner vers le cacao fait suite à la baisse du prix de la vanille, vers 2012, ainsi qu’à la fusariose, une maladie qui ronge particulièrement les lianes de vanille.

L’on sait effectivement que le cacaoyer est plus facile à entretenir que les plants de vanille. Selon un technicien de la filière, le cacaoyer ne demande pas de fécondation, il est plus souple et résiste mieux aux intempéries que le vanillier. La durée de vie de l’arbre varie de 50 à 80 ans alors qu’il donne sa première production dès la troisième ou quatrième année. De plus, la collecte peut se faire toute l’année.

Arh.

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