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Chronique: les enfants difficiles en période de difficultés

Les enfants dits difficiles comme beaucoup d’autres catégories d’individus risquent d’être les oubliés des promesses à l’occasion de cette campagne électorale. Les vilains mômes n’ont pourtant pas toujours tort. Sous d’autres cieux voici quelques décennies les «affreux jojos» qu’ils étaient alertaient le voisinage par d’intolérables cris «bourreaux d’enfants», résultat aujourd’hui on alerte les enfants battus en les incitant à dénoncer toute maltraitance en faisant appel à un numéro gratuit pour qu’on leur vienne en aide.

Dans le pays ici, la police des mœurs et de protection des mineurs, organe chargé de venir en aide aux mineurs comme l’indique cette dénomination, avoue disposer de peu de moyens à cet effet. Il faut reconnaître que dans le climat de pauvreté et face aux tentations qu’exerce la vitrine de modernité, nombre d’enfants vivent une crise d’ado aggravée par un sentiment de frustration. Souvent de leur côté les parents las de leur impuissance, excédés par la pression qu’exercent les enfants, s’abritent derrière une attitude brutale et répondent par des violences inconsidérées d’ordre moral ou physique. Un climat d’incompréhension s’établit. Que peuvent faire des enfants incompris dans un environnement sans solution. La pauvreté n’est évidemment pas l’unique cause des relations hostiles entre parents et enfants, mais elle y participe pour beaucoup.

La police des mœurs et de la protection des mineurs est bien mal outillée pour répondre à la situation, elle se contente d’enregistrer et d’aligner des chiffres, tel celui qui totalise le nombre des mineurs ayant fait une fugue. Quelques centaines enregistrées durant le premier semestre 2018. Ça fait beaucoup mais ça ne représente qu’une goutte d’eau face à l’océan de misère que constitue le paysage social. Que de cas de fugue en effet que ne déclarent pas les parents, pire il est même des familles où ce sont les parents qui incitent les enfants à fuguer comme si la fugue pouvait leur offrir la chance d’une solution pour fuir le sort de miséreux. Si un bon nombre de fugueuses et fugueurs recherchés par leur famille reviennent au bercail au terme de quelques jours d’errance, nombreux s’enracinent dans la dérive qui ne laissent d’horizon aux filles qu’à «faire la pute» et aux garçons qu’à faire leur apprentissage dans la petite délinquance voire s’ils en ont le calibre dans le grand banditisme. Des voyous et des bandits il y en aura toujours, mais le terreau serait moins fertile s’il régnait moins de misère. Pour détourner de cette tendance le bon choix que chacun et la majorité feront lors des élections en s’interdisant d’élire des voyous.

Léo Raz

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