Flash
Préc Suiv

Courrier du lecteur: Henri R., « La situation est difficile à évaluer »

Courrier du lecteur: Henri R., « La situation est difficile à évaluer »

La situation politique prend des tournures inquiétantes. Le professeur Henri Rasamoelina évoque plusieurs cas.

«Trois déterminations différentes». C’est ce que l’on peut dire avec les dernières actualités que vit le pays. En premier lieu, il y a ceux qui poussent vers les élections, puis ceux qui refusent et qui demandent un report de celles-ci, et enfin ceux qui poursuivent des manifestations pour des revendications politico-syndicales. La question est alors de savoir qui va gagner ou encore ce que tout cela va donner pour le futur proche de la Grande île avec des réalités contradictoires de telle sorte. A la longue, la population ne saura plus  où donner de la tête et risque de se fermer sur elle-même avec ce que cela aura pour conséquence.

Déjà une précampagne intense

On sait donc pour les premiers que le gouvernement, mis en place à la suite de la décision plutôt politique  de la Haute Cour Constitutionnelle par rapport aux manifestations qui ont continué depuis le 21 avril sur la place du 13 Mai, a fixé le premier tour de la présidentielle pour le 7 novembre prochain et le second pour le 19 décembre de cette année 2018. Les candidats potentiels s’y sont engouffrés pour se déclarer ou même pour faire des précampagnes sur terrain. L’ancien chef de la Transition Andry Nirina Rajoelina est le plus visible avec ses tournées pour parler de son «Initiative pour l’Emergence de Madagascar», et l’on a vu tout dernièrement le président de la République en place, sauvé in extremis par la HCC, à agir de même. L’ancien chef de l’Etat Marc Ravalomanana a déjà commencé également et d’autres viendront sûrement dans les prochains jours. Tous, en tout cas, soutiennent l’idée que ce sont ces élections qui constituent la première solution à la crise que traverse le pays.

Pour une refondation

D’autres forces politiques et sociales comme le Hetsiky ny Fanorenana Ifotony et le K3F, proche des catholiques, en nombre, ne sont pas du même avis en affirmant que rien ne sera réglé au contraire dans la situation actuelle avant une réflexion de fond sur les institutions  et passer alors  à une  «refondation» du pays. Ils contestent aussi d’ailleurs la constitution du gouvernement avec trois tendances politiques seulement pour organiser ces élections : le HVM de Rajaonarimampianina dont les ministres font toujours l’objet de contestation ; le Mapar d’Andry Rajoelina, critiqué surtout pour avoir délaissé le 13 Mai pour quelques postes ministériels et le TIM de Marc Ravalomanana, dont les positions ne sont pas totalement claires sur les deux tableaux. Ces dernières forces politiques affirment vouloir agir par tous les moyens pour le report des élections à une date ultérieure.

Des syndicats déterminés

Les syndicalistes de tout bord avec surtout ceux de l’enseignement primaire et secondaire éparpillés jusque dans les fins fonds de la brousse, eux, poursuivent leur manifestation pour revendiquer des améliorations de leurs conditions salariales et le départ des ministres HVM encore reconduits du gouvernement. A suivre leur mouvement, on peut penser que non seulement cela ne s’arrêtera de si tôt avec une année blanche pour les élèves à l’horizon et qu’ils gagneront des forces dans leur bras de fer avec un gouvernement peu légitime dont le premier ministre  n’est pas un habitué, au fil du temps. Ce dernier a commencé à hausser le ton et à réprimer ces derniers jours, mais la question est de savoir si c’est ainsi la véritable solution sans jeter de l’huile sur le feu sur lequel se précipiteront les politiciens de la seconde tendance. La situation est en tout cas encore difficile à évaluer bien que l’on puisse déjà affirmer que la présidentielle et le second mandat de la Quatrième République sont mal partis et que l’on a peur qu’en fait les années à venir ne seront, sauf miracle, que celles des de la poursuite de crises plus graves encore ainsi.

Par Le Pr Henri Rasamoelina

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas rendue publique