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Conjoncture : le HVM dans la contradiction

Conjoncture  : le HVM dans la contradiction

En perte de vitesse auprès de la population, le HVM tente de s’affirmer sur la scène politique. Pour autant, le parti continue de se contredire dans ses prises de position.

«Le président ne gagnera rien, et surtout pas les élections avec le HVM». Ce constat est d’un journaliste proche du régime et qui est en train  de changer de camp hier sur les ondes d’une station radio. Effectivement, loin de faire l’unanimité même au sein de leur propre camp, les ténors du parti présidentiel veulent encore marquer leur territoire. Le résultat est déplorable  car au lieu d’embellir leur image, ils se contredisent dans leur communication.

En effet, malgré les revendications du mouvement pour le changement, le parti HVM refuse de remplacer les ministres contestés. «Laissons-les travailler d’abord avant de les critiquer. Le Premier ministre a bien étudié leur cas avant de les nommer», a déclaré le président national du HVM, Rivo Rakotovao, hier à Antanimena. Alors qu’il suffit de revoir le bilan de ces ministres dans leur ancien département pour constater qu’il n’y a rien à attendre de ces ministres contestés.

Rien à attendre du HVM

Que peut-on attendre, par exemple, du ministre de la Communication et des relations avec les institutions ? Et ce, après avoir mobilisé des gens originaires de Fianarantsoa pour demander la libération de Claudine Razaimamonjy auprès du Bianco à Ambohibao. Il en est de même du ministre des Mines et du pétrole dont le bilan reste pathétique auprès du ministère des Affaires étrangères. Sans oublier l’inextricable situation des enseignants-  chercheurs ou encore des enseignants «Fram» alors que ces deux ministères sont encore entre les mains du parti HVM.

Pire encore, le numéro un du HVM a fait savoir que les ministres de son parti se préparent pour les élections, à savoir la présidentielle, et qu’il n’est pas d’accord sur la tenue des   élections anticipées. Là aussi, le parti présidentiel met en exergue deux contradictions. D’abord, les ministres au sein du gouvernement ne devraient pas s’impliquer dans les élections sauf dans les préparatifs, car l’article 9 de la décision de la HCC du 25 mai stipule qu’ «En application des dispositions de l’article 39 de la Constitution et de l’article 60 de la loi n°2018-008, relative au régime général des élections et des référendums, le Gouvernement de consensus assure la neutralité de l’Administration tout le long du processus électoral». La seconde, c’est que la tenue des élections anticipées figure aussi parmi les injonctions de la HCC. Donc, en dépit de la tergiversation du parti présidentiel, les consultations populaires devraient se tenir  plus vite que prévues.

Fin de règne

Quant à l’existence de la majorité parlementaire «renforcée», défendue par le président du Sénat, Rivo Rakotovao, c’est plus qu’une coquille vide composée d’arrivistes et d’opportunistes. Et pour cause, le parti présidentiel a été encore absent de la scène politique  lors de la présidentielle et des législatives en 2013. Cette formation a été montée de toutes pièces pour défendre un régime nouvellement en place. D’ailleurs, le dernier président du groupe parlementaire HVM au sein de l’Assemblée nationale a récemment déposé sa démission car son groupe a failli à sa mission de défendre son patron.

Ce parti est donc voué à disparaître dès la fin du mandat de l’actuel Chef de l’Etat.  Un journal proche du régime a d’ailleurs titré samedi dernier que le HVM est responsable de la débâcle l’actuel locataire d’Iavoloha. «Si le parti présidentiel disposait de la majorité au Parlement et verrouillait les collectivités décentralisées, comment l’opposition aurait-elle pu affaiblir le pouvoir Rajaonarimampianina?», s’est demandé un journal du régime dernièrement. La réponse se trouvait pourtant dans la question, le régime ne maîtrise plus rien car la majorité ne lui a jamais été acquise. Aussi simple que cela.

Rakoto

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