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Rajoelina sort de son silence : le Gouvernement est une étape vers une élection anticipée

Rajoelina sort de son silence  : le Gouvernement est une étape vers une élection anticipée

Alors que la situation politique reste encore sous haute tension, l’ancien président de la Transition Andry Rajoelina a décidé de sortir de son silence à travers une émission télévisée, hier. A cette occasion, Il a insisté sur la tenue d’une élection anticipée.

Pour plus d’éclaircissement. C’est peut-être, a priori, le sens de la rencontre entre l’ancien président de la Transition Andry Rajoelina et deux journalistes de deux chaines de la capitale, au cours d’une émission spéciale, hier.

En effet, plusieurs sujets relatifs à la situation politique actuelle ont été évoqués. De la nomination du Premier ministre à l’existence des réunions des groupuscules politiques, en passant par la mise en place du  nouveau Gouvernement, tout est passé en revue. Andry Rajoelina a aussi abordé sans ambages l’existence ou pas d’un accord politique entre lui et le chef de l’Etat ou encore la place de la communauté internationale dans la crise actuelle.

En attente du calendrier électoral

Toutefois, c’est sur la tenue des scrutins que le numéro de l’Initiative pour l’émergence de Madagascar (IEM) a insisté. En réponse aux questions posées par une partie de la population sur le réel objectif de la lutte actuelle, Andry Rajoelina a souligné que «la mise en place de ce Gouvernement est une étape, mais non pas un but».

A ce propos, il fait référence à la décision de la Haute cour constitutionnelle (HCC) du 25 mai, en son article 8, stipulant que le Gouvernement de consensus et la Ceni déterminent un calendrier électoral en vue de la présidentielle durant la saison sèche.

«C’est ce que la population attend actuellement. Il est ainsi primordial de prendre date pour que la population puisse savoir qui sera candidat, quels seront leurs programmes (…). C’est la priorité aujourd’hui», a-t-il fait savoir, tout en ajoutant que c’est la meilleure façon de condamner le pouvoir actuel. «Si vous n’aimez pas le chef de l’Etat, il faut le sanctionner dans les urnes», a-t-il plaidé.

En effet, comme l’a rappelé l’ancien président de la Transition, si l’on se réfère aux déclarations de la Ceni, la tenue de la présidentielle devra se faire en août ou en octobre. Concernant le premier cas, c’est-à-dire, une élection au 29 août, l’actuel chef de l’Etat devra démissionner le 29 juin, conformément à la Constitution, s’il se porte candidat. Quant au second cas, il devra alors démissionner au mois d’août s’il est candidat.

Pour rappel, la Constitution précise qu’un président de la République, candidat à sa propre succession, devra démissionner soixante jours avant la date de cette élection. Dans cette optique, Hery Rajaonarimampianina devra donc laisser son poste vacant au plus tard au mois d’août s’il se porte candidat et si la Ceni ne dévie pas son agenda initial.

Pour le changement des ministres contesté

L’autre grand thème du rendez-vous d’hier, est aussi la mise en place du gouvernement Christain Ntsay. Celui-ci a fait couler beaucoup d’encre ces derniers temps.

Sur ce point, l’ancien président a tenu à faire savoir qu’effectivement, le chef du Gouvernement, faisait partie de la liste proposée par le Mapar. Ce qui n’est toutefois pas le cas pour l’ensemble de son équipe. Le Mapar a même fait des concessions car, à titre d’exemple, la formation a gardé le ministère de la Population alors que ce ministère n’a pratiquement pas de budget. Et lui d’expliquer : «Parce que le plus important n’est pas de l’intérêt du Mapar, mais celui de la population».

«La décision de la HCC du 25 mai ne pouvait peut être pas satisfaire tout le monde, mais comme il s’agit d’une décision irrévocable, alors nous nous y sommes conformés», a expliqué le numéro un de l’IEM, en rappelant qu’il appartient au Mapar de proposer le nom du Premier ministre de consensus.

 Et, à l’instar des élus pour le changement, il a cependant exprimé sa déception quant à l’équipe gouvernementale actuelle

«J’ai entendu la déception et la colère des gens à propos de ce Gouvernement, notamment la présence de quelques personnalités issues du parti HVM», a-t-il déclaré, et d’assurer : «Ni moi, ni le Premier ministre n’ont eu connaissance des noms des personnalités qui composeraient le Gouvernement, à l’exception de ceux proposés par le Mapar et la Tim».

Selon l’ancien locataire d’Iavoloha, le président et le Premier ministre devraient se pencher là-dessus afin de calmer les esprits. «Je pense que cela ne devrait pas causer du tort au régime de changer ces personnalités afin que les tensions se dissipent une bonne fois pour toutes», a plaidé Andry Rajoelina. D’autant que, à travers ces personnalités controversées, le gouvernement actuel ne donne pas l’impression de vouloir manœuvrer vers une élection apaisée.

Non à une nouvelle Transition

Pour ce qui est de la continuation du mouvement des élus sur le parvis de l’Hôtel de Ville, le chef de file du parti Mapar reconnait que les attentes de la population ne sont pas toutes comblées. Pour autant, il est préférable de s’en tenir à des compromis et de recourir aux voies légales pour le moment.

«Le Gouvernement est là. Nous allons demander qu’il sorte la date de l’élection conformément à la décision de la HCC (…). Si la date des élections fixée correspond à cette décision alors tout le monde devra s’y conformer», a-t-il indiqué.

Du reste, toujours lors de cette émission télévisée, l’ancien homme fort de la Transition se dit contre une nouvelle Transition prônée par certains groupuscules politiques qui se réunissent ces derniers temps, notamment au Centre des conférences international (CCI) d’Ivato, sous l’impulsion du FFM.

«Ce n’est plus le moment d’envisager une nouvelle Transition (…). Il est plutôt urgent de débattre sur la liste électorale, la date de l’élection ou encore le programme des candidats», a-t-il soutenu.

Rakoto

 

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