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Chronique : clé de répartition, pose d’un verrou contre la tenue d’élections justes

On s’est peut-être réjoui trop tôt à l’annonce de la nomination de Christian Ntsay au poste de premier ministre. Le parcours de l’homme lui mérite la présomption de posséder l’aptitude et l’honnêteté nécessaires pour gouverner le pays jusqu’aux élections. Encore faudrait-il faire preuve de réalisme à ne pas le piéger en espérant qu’il fasse des miracles. Les circonstances dont il hérite étant celles qui sont : insécurité galopante, situation économique déplorable, autorité de l’état contestée, finances publiques en péril, climat politique houleux, ambiance sociale tendue, ce n’est pas en six mois que quiconque pourrait faire bouger les lignes. Téméraires que ces nouveaux ministres promettant de si tôt des changements, telle cette annonce d’une baisse sensible du prix du riz d’ici quelques jours, style de harangue populiste valable Place du 13 Mai. Est-ce l’inconscience de l’importance de leurs nouvelles responsabilités ou l’incapacité à saisir le sens même de ce qu’est que gouverner ? Ce genre de ministre à l’avance piège le gouvernement dans son ensemble et particulièrement le Chef de gouvernement qu’est le Premier ministre. La constitution est mise en parenthèses, le Président de la République n’a plus de rôle qu’à assurer une figuration par sa présence, la conduite de l’action publique revient au seul Premier ministre, aussi celui-ci assume en premier la responsabilité des résultats.

Mesdames et messieurs les ministres ont à faire preuve d’humilité, leurs prétentions ne peuvent que se limiter à gérer au mieux les affaires courantes, la vraie B.A. qu’ils peuvent réussir serait de faire preuve d’honnêteté ! Y parvenir signerait une révolution, l’opinion en serait stupéfaite tant pour le commun du public c’est trop leur demander. Qui sait !

La population, tant de fois échaudée, a épuisé ses réserves de confiance et si elle ne croit plus au miracle, elle ne désespère pourtant pas qu’un jour se déroulent des élections qui ne sont pas trahison. Pourquoi ne serait-ce pas Christian Ntsay et le gouvernement qu’il dirige qui parviendraient à créer les circonstances favorables à une telle opération magique ? Les dés sont malheureusement pipés. On a pu assez rapidement trouver la clé de répartition, mais illico les autres ont pu mettre un verrou limitant l’accès à la tenue d’élection équitable. La clef de voûte d’équité se situe à donner des chances égales à tous, la nomination d’un féal virulent au ministère de la communication témoigne que la bataille pour l’égalité est perdue avant d’avoir commencé.

Léo Raz

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