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Peut-on nier l’évidence ?

Peut-on nier l’évidence ?

C’est évident, la Haute cour constitutionnelle (HCC) joue la montre. Et cela laisse à songer en ce temps où les hautes sphères politiques sont prises dans un infernal manège de déchéance. Peut-on dire que la HCC est à la traîne vu qu’elle a tous les dossiers en main ? Comme le magistrat auprès du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), Fanahimana Tiaray, l’a bien souligné lors de son passage sur Alliance 92 récemment, «…la Constitution est d’interprétation stricte  et ne peut être interprétée autrement ». 

C’est clair comme de l’eau de roche. D’ailleurs, cela rejoint l’aspiration de l’opinion publique et celle des 73 députés pour le changement, à l’application de la Constitution au sens strict du terme et au pied de la lettre. La suite de ce contexte en ébullition et non pas la fin dépend entièrement de la HCC et de sa décision ultime.

La HCC ne peut pas nier de nouveau l’évidence. Le Chef de l’Etat  n’a pas respecté le délai prescrit par la constitution sur la mise en place de la Haute cour de justice, qui selon la définition, est «une juridiction chargée de juger les actes commis par le Président de la République dans l’exercice de ses fonctions en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatibles avec l’exercice de son mandat».

«La HCJ a été prévue par les Constitutions précédentes, mais elle a été particulièrement stipulée dans l’article 167 de la Constitution de 2010, selon laquelle, elle devrait être mise en place 12 mois après l’investiture du président sous peine de déchéance», a précisé Fanahimana Tiaray. Le mandat du chef de l’Etat touche à sa fin, et la mise en place de la HCJ a été sans cesse remise aux calendes grecques.

Mais, étrangement, la HCC ne s’empresse pas, laissant peut-être au régime et à ses partisans le temps de monter en offensive et pourquoi pas d’instaurer par magie la HCJ avant que la HCC prononce son verdict. Effectivement, cela laisse à songer. Sauf que sous cet angle, le régime risque à nouveau de faire son Don Quichotte.

Andry Rabeson

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