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Invasion de chenilles légionnaires : les experts préconisent une lutte intégrée

Invasion de chenilles légionnaires  : les experts préconisent une lutte intégrée

Certaines techniques naturelles peuvent être utilisées pour lutter contre l’invasion de la chenille légionnaire d’automne (Faw) qui attaque plusieurs plantes, avec une préférence particulière pour le maïs. Mais cette seule méthode ne suffit pas et les experts préconisent une lutte intégrée.

La chenille légionnaire d’automne a été identifiée dans 30 pays d’Afrique en février dernier. A Madagascar, elle a été aperçue pour la première fois, en novembre 2017, dans le sud-ouest de l’île, au nord de Toliara. Cet insecte est maintenant détecté dans 13 régions du pays.

Des techniciens de l’Institut de recherche agricole pour le développement (Irad) au Cameroun et de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) déclarent que certaines plantes courantes (neem, moringa, tephrosia, tabac, piment, poivre…), ainsi que des espèces d’insectes ont la capacité de neutraliser la chenille légionnaire.

D’autres techniques consistent à utiliser de la cendre et du sable, de la graisse ou de la soupe de poisson pour attirer les ennemis naturels de la chenille. Par ailleurs, à l’instar de la plantation précoce qui permet aux plantes d’échapper à l’infestation initiale, les agriculteurs peuvent également lutter contre ce ravageur en écrasant ses œufs ou en ramassant les chenilles elles-mêmes.

«Toutes ces méthodes sont très efficaces tant qu’elles sont appliquées dans les premiers stades de l’infestation, quand les larves sont encore petites», a précisé Joyce Mulila-Mitti, experte en production végétale et protection des plantes à la FAO, interrogée par SciDev.Net.

Pas de méthode unique

«A ce jour, aucune méthode unique ne s’est révélée efficace contre ce ravageur qui continue de progresser. Par contre, une lutte intégrée pourrait apporter une meilleure solution», a noté Madi Galdima, ingénieur agronome et chercheur à l’Institut de recherche agricole pour le développement (Irad) au Cameroun, à SciDev.Net. A cela, le chercheur avance l’utilisation de phéromones sexuelles pour entraîner des perturbations d’accouplement chez la chenille.

La chenille légionnaire d’autonome peut hypothéquer jusqu’à 75% du rendement d’un champ. Cependant, a relevé Joyce Mulila-Mitti, «Ce qui peut être fait est de prévoir une détection précoce de la présence de l’organisme nuisible pour avoir le temps de se préparer à sa gestion».

Lors de la signature de l’accord sur le projet d’appui à la mise en place d’un système de surveillance, riposte et contrôle intégré de la chenille légionnaire d’automne à Madagascar, jeudi dernier, Harison Randriarimanana, le ministre malgache en charge de l’Agriculture, de faire savoir que son département procède à la formation de ses techniciens étant donné que c’est un fléau nouveau pour Madagascar.

Des travaux sont en cours pour lancer une application de surveillance et d’alerte précoce de la Faw (Famews) à Madagascar, en Zambie et en Afrique du Sud et de la développer progressivement sur l’ensemble du continent.

Arh.

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