Flash
Préc Suiv

Requete aux fins de decheance : la HCC sous haute pression

Requete aux fins de decheance  : la HCC sous haute pression

Le jour fatidique approche. Sans faute, la mémoire en défense de la présidence devrait être parvenue auprès de la Haute cour constitutionnelle (HCC) dans un délai de 72 heures, à compter de mercredi.

Sauf changement de dernière minute, Ambohidahy se prononcera sur la requête de mise en accusation aux fins de déchéance du président de la République, demain. Du côté des 73 députés pour le changement, le destin du pays est entre les mains de Jean Eric Rakotoarisoa et les juges constitutionnels.

Démission ou déchéance? La première reste jusqu’à l’heure hypothétique car malgré les critiques et les appels provenant de tous bords, Hery Rajaonarimampianina s’accroche éperdument à son siège.

A grand pas, le mouvement pour le changement initié par les députés de l’opposition s’amplifie. Le blocage de la machine administrative est effectif dans certaines institutions et pas besoin d’un sondage pour constater que la cote de popularité du chef de l’Etat est en chute libre. Mais le président de la République, prenant un air de sainte-nitouche, ne veut pas regarder la réalité en face.

Alors, la déchéance ? 

Depuis le début de son mandat, c’est la deuxième fois que Hery Rajaonarimampianina a fait l’objet d’une requête aux fins de déchéance. La première remonte à 2015 où le président de la République a été accusé de bafouer et de violer plusieurs textes de la Constitution, notamment la mise en place de la Haute cour de justice. Mais la HCC a  rejeté la requête, au grand dam des députés de l’opposition.

Cette fois, rebelote, mais dans un contexte houleux et plus tendu, caractérisé par ce mouvement populaire qui a pris une envergure nationale, plus qu’en 2015. D’autant que les motifs d’accusation rapportés dans la deuxième requête sont encore plus graves en matière de non respect de la Constitution, en l’occurrence les textes électoraux.

Le dernier jugement de Salomon appartient maintenant à la HCC. Et les 73 députés ne cessent de l’interpeler à écouter la voix du peuple qui aspire à des élections libres et inclusives sous la houlette d’une nouvelle gouvernance.

Grand sit-in

En attendant l’avis de la HCC, à compter de ce jour et dans le dessein de donner plus d’importance à leur requête, les 73 députés de l’opposition et leurs partisans vont effectuer un sit-in devant la HCC à Ambohidahy.  Ils ont réitéré que l’avenir du pays est entre les mains de la HCC.

Et au cas où la HCC va ressasser la même rengaine «Nous ne serons pas responsables de ce qui va se passer.  Nous pensons que notre acte est légal et conforme à la constitution», ont tour à tour scandé les députés durant leur intervention.

«Nous ne demandons pas aux membres de la HCC de juger notre requête mais de l’étudier et de rendre sa décision selon la Constitution. Nous avons eu confiance en cette institution après sa décision sur les lois électorales. Puis cette confiance a été quelque peu ternie par l’autre avis émis le 3 mai dernier. Nous pensons que la HCC s’est substituée au rôle des députés à travers cette proposition sur la durée de la campagne au second tour et sur la question du bulletin numéro 2 et 3», a martelé le député Guy Rivo Randrianarisoa.

Même si la HCC est classée zone rouge, le mouvement mené par les députés du changement ne reculera pas.

Rakoto

Une grande marche d’Ambohitsaina à Analakely

Comme prévu, les députés pour le changement ont  mobilisé les étudiants de l’université d’Ankatso hier pour qu’ils se rallient au mouvement sur le parvis de l’hôtel de ville.  Les étudiants et les membres du Syndicat des enseignants-chercheurs d’Antananarivo ont en effet fait appel aux élus pour le changement pour que ces derniers les soutiennent dans leur revendication.

D’Ambohitsaina à Analakely hier, les manifestants, les divers syndicats des travailleurs du secteur privé et du secteur public ont entrepris une longue marche hier. Le jet de cocktail Molotov de la part de certains gens malintentionnés à l’endroit des véhicules transportant la sonorisation des élus n’ont pas freiné l’ardeur des étudiants venus en masse à Analakely après cette marche pacifique.

 

Les commentaires sont fermées.