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Chronique : Yop city ? Yeah…

Que faites-vous pour évacuer la tension qui s’accumule ces dernières semaines ? Moi, je lis. De tout. Je retrouve parfois des titres qui m’ont laissé de bons souvenirs. Je me suis donc replongée avec délice dans  Aya de Yopougon, une série de bande dessinée adaptée il y a cinq ans en film d’animation. Aya et ses amies Bintou et Adjoua vivent à Yopougon, Yop city pour les connaisseurs, et surtout «pour faire comme dans un film américain». A Yopougon, on fait la fête et il y a bien quelques ampoules colorées pour illuminer les soirées mais on n’est pas dans une ville américaine ;  Yopougon est un quartier populaire d’Abidjan. Nos trois jeunes gazelles n’ont pas vingt ans, elles veulent s’en sortir, s’élever dans la société.  La sage  Aya veut devenir médecin. Pour suivre ce noble parcours, elle suit ses cours avec un sérieux qui fait sourire Binta et Adjoua. Sept ans d’études ? Très peu pour elles. Pour construire un

avenir à leur mesure, Binta et Adjoua passent leurs soirées à ambiancer dans les maquis, l’œil à l’affût des hommes à la belle mise, de ces hommes qui n’hésitent pas à se montrer généreux avec les jeunes femmes qu’ils rencontrent. Comme Aya la studieuse, Binta et Adjoua sont en série C. Mais cette série n’est pas celle que vous croyez. Celle-là est aussi flamboyante que la presque américaine Yop city, et claque comme un slogan : «Coiffure, Couture, Commerce et Chasse au mari» ! Tout un programme qui commence dans les maquis parce que le salon de coiffure, ou l’atelier de couture, n’est qu’une vue de l’esprit tant qu’on n’a pas trouvé le généreux mari, lequel prouvera son amour en offrant un commerce à sa dulcinée…

Pour évacuer les tensions inutiles, Doliprane et autres médications addictives, choisissez plutôt un voyage de six volumes à Yopougon ou/et dans le film pour le plaisir des oreilles. C’est presque aussi agréable qu’un massage, à ceci près qu’on ne s’endort pas et qu’on rit beaucoup. Vraiment beaucoup.

Kemba Ranavela

 

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