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Le début de tout ou de rien ?

Le début de tout ou de rien ?

Pas besoin d’être expert ou devin pour déduire que le mouvement qui a cours depuis samedi, censé être une séance de compte rendu des députés sur les textes électoraux, constitue en fait l’occasion pour pratiquement l’ensemble des forces vives, productrices, politiques…et  de la population, d’exprimer son ras-le-bol. Un véritable phénomène social. La foule est venue nombreuse investir le Parvis de l’hôtel de Ville, sans doute pour écouter réellement les parlementaires, et très certainement pour exprimer leur mécontentement tant la coupe est pleine. Depuis hier, beaucoup d’autres personnes issues de diverses entités ont rejoint le mouvement.

Comme au bon vieux temps, diraient certains. Pour dire que, malheureusement, absolument rien n’a donc changé malgré la succession de crises survenues sur la Grande île. Antananarivo, la Ville des Mille, le centre névralgique du pays, là où tout se décide et là où tout commence. Beaucoup s’inquiètent à chaque fois qu’un événement se produit car la plupart du temps, certains  risquent de perdre  leur place. Nombreux s’interrogent sur la finalité des évènements du moment, d’autant que le pays est à quelques mois des élections dont les textes auront été l’élément déclencheur.

Qu’à cela ne tienne, quelque chose a changé. D’abord parce que, contrairement à ce que certains veulent faire croire, il ne s’agit en aucun cas de déstabilisation ni de coup d’Etat mais juste d’exiger que ces lois électorales soient revues et corrigées pour que les prochains scrutins soient crédibles, transparents et inclusifs, conformément au souhait de tout un chacun, les Malgaches comme les partenaires internationaux à qui l’on a demandé de l’aide pour le financement électoral. Puis d’aller sereinement vers ces élections, sans coups bas ni autre sournoiserie.

Ensuite, parce que la journée d’hier l’a prouvé, une manifestation publique peut être pacifique, c’est ce qu’avaient d’ailleurs  annoncé les initiateurs du mouvement. Et enfin, l’on a assisté à une prise de conscience des principaux responsables de sécurité, du moins si l’on en croit leurs déclarations, qui seraient dorénavant contre toute velléité d’instrumentalisation politique des forces de l’ordre.

Serait-ce trop naïf de le croire ? Crierait-t-on trop vite victoire pour la liberté d’expression ? Nul ne le sait encore étant donné que le premier responsable de l’Exécutif continue de tenir des propos qui n’ont pas réellement vocation à apaiser les esprits.

Dans tous les cas, la journée de samedi marquera une nouvelle page de l’histoire du pays, celle d’hier aussi d’ailleurs.

Rakoto

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