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Questions fondamentales

Questions fondamentales

Nul ne sait ce qui risque de se passer ce jour. Entre la volonté des 73 députés de maintenir la présentation de leur rapport à la population de la capitale et les menaces d’arrestation des forces de sécurité et de la préfecture, se sont immiscées les accusations de déstabilisation et les suspicions de recrutement de gros bras. Bref, rien de rassurant…

Et si d’aventure la situation venait effectivement (et malheureusement) à dégénérer aujourd’hui, viendra la sempiternelle question de savoir qui a réellement fait quoi. Ou qui est à l’origine de la situation. Force est néanmoins de s’interroger : en serait-on arrivé là si toutes les libertés fondamentales reconnues par la Constitution étaient garanties à l’ensemble des citoyens ? On se demandera en effet, pour évoquer le cas de l’Institution censée incarner l’image de la démocratie, à quoi peut bien servir une commission spécialisée au sein d’une Assemblée nationale si, au final, les modifications essentielles qu’elle apporte à un texte sont complètement ignorées ? Ou encore, où sont censés s’exprimer les députés si on les prive de parole avant l’adoption d’une série de lois extrêmement vitales pour l’avenir du pays ?

S’agissant d’un compte-rendu à présenter devant la population, on pourra bien reprocher à ces élus de ne l’avoir jamais fait auparavant. Mais alors, pourquoi maintenant ? La question semble bien pertinente, mais pas autant que celle de savoir qui a commencé. Et lorsqu’on se rappellera que c’est un élu d’Atsimondrano, sans avoir été nullement inquiété et sans qu’il ait été à aucun moment question de déstabilisation ou de possibilités de casses ou de troubles à l’ordre public, cela revient tout simplement à condamner ces députés dits de l’opposition sans autre forme de procès, pour leurs couleurs politiques. Bénéfice du doute ? Présomption d’innocence ? Connais pas ! A moins que les craintes de ces derniers ne soient fondées quand ils soutiennent que des gros bras pourraient avoir été recrutés pour donner une mauvaise image à leur mouvement ?

Car c’est bien là le problème depuis quelques temps, une opinion politique à elle seule peut, semble-t-il, valoir à une personne d’être suspecté de déstabilisateur, voire une interdiction de s’exprimer ou de circuler librement dans son propre pays.

Rakoto

 

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