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Pérégrinations hebdomadaires :un volcan silencieux

Chaque semaine apporte un nouveau lot d’ébullitions. Les signes témoignent d’un travail ardent dans le ventre du volcan et qu’à tout moment menace une éruption dont personne ne peut à l’avance en mesurer l’ampleur. Seule certitude une autre crise provoquerait des conséquences catastrophiques dont le pays peinerait à se relever, et dont la population paierait le prix par un bail d’une aggravation de la pauvreté sur des années et des années.

Tentation de fausser le jeu des institutions

L’émulation pour l’accès au pouvoir constitue un principe en système de démocratie, par les élections le peuple en décide. A l’évidence cette course doit obéir à des règles qui nécessitent l’accord du plus grand nombre pour mériter la présomption de traiter à égalité tous les concurrents, afin que les résultats s’imposent à tous. Certes les lois qui les régissent ne font pas toujours l’unanimité aussi il existe des procédures pour entourer d’un max de précautions les adoptions des lois électorales. Une 4e session extraordinaire du parlement a été consacrée pour l’examen, le débat et l’adoption de trois projets déposés par le gouvernement. De la poudre aux yeux, en ces quatre sessions de  combien de temps députés et sénateurs ont-ils disposé pour examiner, débattre et voter ces projets ?

Sans chercher à faire le procès de ces sessions, il est toutefois des faits que l’on ne peut passer sous silence, les négociations extérieures aux réunions dans le cadre formel de l’Assemblée Nationale ont occupé pas mal du temps des députés, réunis en conclave partisan durant la session, conclave destiné selon les rumeurs à trouver une majorité. Une majorité de mercenaires disent les opposants, des opposants qui ne se contentent pas de cette défaite et qui apportent le problème devant la Haute Cour Constitutionnelle, pour dénoncer des méthodes en violation des procédures constitutionnelles.  Les députés de l’opposition se sont organisés pour faire de la cérémonie du dépôt de leur requête une manifestation médiatique. Des députés dans la rue ! Une adresse à la population, ayant le dessein d’informer celle-ci de la gravité des violations de la loi dénoncées par des élus du peuple. Déjà que la population, très réceptive dans sa grande majorité, ne cache plus sa lassitude à devoir supporter l’avalanche de difficultés, source de mécontentement quasi général qui menace de s’embraser à la moindre étincelle.

Une hausse qui risque d’être celle de trop

Difficile pour le pouvoir de contenir l’augmentation du prix du carburant à la pompe, difficile aussi de leur côté selon les opérateurs du transport urbain de maintenir en ces circonstances leur tarif au niveau actuel. Dans ce contexte les transporteurs annoncent une hausse des tarifs qui de 400 ariary feraient un bond à 700 ariary. Le 25 de ce mois, date fatidique pour l’application de cette hausse, risque de faire de la capitale un chaudron. Ça ne serait ni un prétexte, ni un mouvement organisé par des forces d’opposition, ça ne serait que l’explosion d’une accumulation de ressentis provoqués par tant de privations et de sacrifices, alors que cohabitent avec ces sinistrés de la mauvaise gouvernance, les privilégiés du système qui avec cynisme baignent dans confort et luxe de façon ostentatoire.

La hausse du tarif des taxi-be frappe des centaines de milliers de personnes, alors qu’elle n’est que la partie immergée de l’iceberg des mauvais coups portés au coût de la vie, avec la particularité d’agir de façon brutale, présentant en conséquence des risques de réactions aussi brutales qu’incontrôlables une fois libérées.

Il est possible que le pouvoir tente au dernier moment de trouver une parade pour éviter un tel embrasement, mais il y a des chances qu’il ne soit question que de bricolage et de mesures improvisées  qui n’auraient d’effet qu’à reculer l’échéance. Il y a longtemps que le pouvoir a perdu la maitrise des affaires.  L’inflation ne date pas d’hier, la courbe de l’écroulement de l’ariary en témoigne. Quand, à cette descente aux enfers de l’économie, (du moins du point de vue de ceux qui évaluent la santé de l’économie en rapport à la quantité de riz dans leur assiette) se conjugue un climat d’insécurité (appréciation unanime des habitants toutes catégories confondues) les manœuvres pour faire voter les lois électorales, trop suspectes pour ne pas être sujettes à condamnation, apparaissent comme des efforts non seulement  vaines mais nuisibles pour l’image de ceux qui en ont eu l’initiative. A ne pas éliminer d’avance en effet la terrible hypothèse pour eux qu’un raz-de-marée de mécontents parvienne à stériliser les modalités déloyales  que les contestataires accusent ces lois de contenir.

Léo Raz

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