Flash
Préc Suiv

Haro sur les textes électoraux : des dispositions anticonstitutionnelles

Haro sur les textes électoraux  : des dispositions anticonstitutionnelles

Les contestations s’amplifient. Quelques personnalités politiques et civiles s’unissent pour s’opposer à l’adoption des textes électoraux. Lesdits textes ne garantissant en rien l’apaisement dans le pays.

Un front commun qui s’ajoute à une longue liste de contestataires des textes électoraux adoptés à l’Assemblée nationale. Il s’agit entre autres des candidats à la présidentielle, comme Saraha Rabeharisoa et Arlette Ramaroson, des membres de la société civile, notamment le Groupement des experts nationaux (Gen) et le KMF/Cnoe, mais également des personnalités politiques telles que le général Désiré Ramakavelo ou encore Holijaona Raboanarijaona.

C’est lors d’une rencontre avec la presse hier à Antsakaviro que ces derniers ont fait part de leur intention d’interpeller les membres de la Haute cour constitutionnelle (HCC) pour que ces derniers déclarent l’inconstitutionnalité des textes. La balle est alors dans le camp des hauts conseillers. Le groupement constate en effet que plusieurs dispositions sont contraires à la Constitution et par conséquent devraient être rectifiées. «Ces nouvelles lois ne respectent pas du tout les droits des électeurs», a fait savoir le Dr Bruno Rakotoarisoa, membre du Gen. «Plusieurs dispositions de ces lois constituent une forme d’exclusion», a ajouté un autre membre du groupe.

Exclusion

Selon les explications, les textes ne sont pas inclusifs, tant au niveau de la candidature qu’au niveau technique. Un délai de campagne trop court, de nouveaux bureaux de vote à créer ou encore une surveillance rapprochée des médias, notamment par l’Autorité nationale de régulation de communication (ANRC), les conditions semblent réunies pour aller vers des élections qui risquent de perdre en

crédibilité. S’agissant de l’ANRC, la Loi organique n°05/2018 du 21 février 2018 relative au régime général des élections et des référendums prévoit en effet le respect du principe d’équité pour ce qui est du temps de parole et temps d’antenne. Sauf que cette disposition n’est pas compatible à la réalité malgache car elle ne dissocie pas les medias privés, qui sont des investissements privés, et les medias publics, fondés aux frais des contribuables.

«La situation pourrait être grave si la HCC valide ces textes», a fait savoir Saraha Rabeharisoa en expliquant que le pays a besoin d’apaisement durant les élections. Pour Arlette Ramaroson, la validation de ces textes marque la responsabilité de la HCC face au non-respect de la Constitution. Ainsi, si le cas se présente, «Il sera plus que nécessaire d’ouvrir un nouveau dialogue», a conclu Saraha Rabeharisoa.

Tahina Navalona

 

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas rendue publique