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Du pouvoir des dépités

Du pouvoir des dépités

Les évènements s’enchaînent pour se précipiter ces derniers temps au pays. Les attaques suivies de ripostes immédiates deviennent coutumières pour engendrer les valses des responsables au cours des mutations dans les hauts emplois de l’Etat où des élus et des techniciens de la Fonction publique risquent en permanence de se faire éjecter de leur siège pour des raisons politiques qui les dépassent. Pris entre deux feux, ces fonctionnaires ne savent plus sur quel pied danser dans ce contexte administratif très flou. Ils sont acculés à la fois par les députés pro-régime et les dépités du régime qui représentent des menaces potentielles pour leur avenir dans leur circonscription respective. Si les députés partisans du régime ont la main longue pour décider de leur carrière, les dépités de ce pouvoir n’en sont point moins négligeables, poussés par une puissance indéfinie appuyée par une population difficile à maîtriser.

Tirant leçon de l’histoire donc, la majorité des responsables de l’administration de proximité décide de s’abstenir  de toute initiative pouvant être qualifiée de malheureuse, préférant subir les sanctions arbitraires de leurs supérieurs hiérarchiques que d’affronter l’ire des dépités du pouvoir. Des hauts commis de l’Etat ont ainsi fermé les yeux sur des faits d’armes populaires condamnés par le régime dans plusieurs circonscriptions tandis qu’à Mahajanga, des élus communaux n’ont pas osé franchir le rubicon pour se défaire de leur maire mal vu par le pouvoir par crainte des dépités qui ont influencé leur décision. Les dépités ont plus de pouvoir que les députés, à vrai dire.

Manou

 

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